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Blender pour le montage vidéo

Exporter son montage

Notre premier projet de montage touche à sa fin, et il reste donc à l'exporter pour en faire un fichier vidéo qui pourra être lu et diffusé. Si vous avez préparé vos paramètres de rendu Blender comme nous l'avons fait dans le chapitre « Préparer Blender pour le montage vidéo », et que vous avez utilisé nos fichiers d'exemple (https://activdesign.eu/public/Fichiers_Exemples-BlenderVSE.zip) pour vos premiers essais, il reste une seule chose à vérifier, l'endroit où sera enregistré votre fichier :

Vérifiez le chemin de sortie de la partie Output de l'onglet Render de l'éditeur Properties, qui par défaut pointe vers le dossier temporaire de votre système d'exploitation. Cliquez sur l'icône de dossier à droite pour changer le chemin. Si vous souhaitez enregistrer dans le même dossier que celui où vous avez enregistré votre fichier .blend, vous pouvez simplement taper //dans le champ texte.

Ensuite il vous suffit de cliquer sur le bouton Animation de la partie Render de l'onglet Render de l'éditeur Properties, ou d'appuyer simultanément sur Ctrl + F12 pour lancer le calcul du rendu, comme on dit dans le vocabulaire de la 3D, qui se fera image par image et donc prendra un certain temps. À la fin du rendu vous retrouverez votre fichier vidéo dans le chemin que vous avez indiqué dans Output. Attention si vous appuyez seulement sur F12, vous déclencherez le rendu d'une image fixe, donc d'une seule image, pas d'une vidéo.

Le Sequencer va être remplacé par l'UV/Image Editor qui va afficher le calcul du rendu progressivement. Pour retrouver le Sequencer à la fin du rendu, appuyez sur Echap dans l'UV/Image Editor. De même si vous voulez interrompre le rendu, appuyez sur Echap dans cette même fenêtre, ou cliquez sur la croix de la barre de rendu dans l'editor Info.

Mais dans beaucoup de cas, vous devrez régler les paramètres de votre projet en fonction soit de vos rushs de départ, soit des canaux de diffusion que vous ciblez, et vous aurez donc besoin de quelques connaissances théoriques complémentaires sur les formats vidéo et leurs spécificités. Nous allons maintenant les détailler, vous aurez accès à tous les paramètres si vous choisissez bien FFmpeg video dans la partie Output à la place d'un format d'image.

Les restrictions de la diffusion

Les trois paramètres fondamentaux, ratio, dimensions, cadence Image, du cadre d'images animées sont limités par les capacités de stockage et les différents systèmes de diffusion. Pour contourner ces restrictions, il est établi des normes de compression dont l'objectif est de réduire le poids des fichiers vidéos et leur capacité à être diffusé via différents canaux de communication.

Une image brute

Une image brute ou raw en anglais, est une image qui ne subit aucune altération de compression. Si chaque image d'un film est brute dès lors, le nombre d'informations d'un fichier est égal à la dimension de l'image en pixels x par sa cadence image x par la durée du film en seconde.

En exemple, si l'on prend un film DVD de l'époque du tube cathodique avec la technologie PAL européenne :

Nombre d'informations à stocker = (la dimension image de 720*576) x (la cadence image de 25) x (la longueur du film par exemple  :  1 min)

Nombre d'informations à stocker  = (414720) x (25) x (1 x 60 s)

Nombre d'informations à stocker  = 622 080 000

À ce stade, le nombre d'information à sauvegarder est déjà impressionnant. A noter que nous n'avons pas calculé le nombre de couleurs à afficher par image, ni les informations audio telles que la musique, les dialogues, les bruitages... Ce qui vous laisse songeur...

Avec la résolution 4K, les informations à traiter sont considérables. Filmer « en brut » avec une caméra 4K nécessite un disque dur avec un accès haut débit, un disque dur en écriture rapide avec une capacité de stockage importante.

Les réseaux de diffusion et la compression audiovisuelle

Le réseau radio par les antennes et les satellites, le réseau ADSL et câble pour l'internet, sont dans l'impossibilité de véhiculer des images brutes. Il a fallu contourner ces restrictions. L'ingénierie audiovisuelle créa les formats de compression numériques audiovisuels avec différents paramètres d'adaptation aux différents types de réseaux et leurs capacités de débits d'information.

Le format de compression audiovisuelle est un procédé qui réduit les informations audio et vidéo en les codant dans un format arithmétique (calculs) et géométrique (espaces vectoriels). Basées sur des images brutes dites de références, les informations sont encodées et appelées images calculées. La compression est un savant mélange de fragments d'images brutes et d'images calculées. Ce mélange réduit considérablement le poids des fichiers audiovisuels.

Le lecteur client, c'est-à-dire, la réception telle qu'un téléviseur, un lecteur informatique comme VLC, recalcule les images reçues lors du visionnage. Plus le nombre d'images calculées est important plus l'image est dégradée, difficiles à reconstituer et demande des temps de calcul pouvant occasionner des retards d'affichage.

Un oeuf, du blanc, du jaune : l'encapsulation

Bien souvent sont confondus le format de compression, le codec, et le format d'encapsulation. Un Codec est un système de compression et de décompression d'un type de contenu. Pour l'audiovisuel, il existe deux contenus : l'audio et les images.

Une suite d'information sonore par leur nature diffère d'une suite d'information lumineuse. Il existe donc différentes techniques d'encodage, de compression intime à chaque contenu. Pour simplifier, la notion de compression sonore jouera sur les volumes, les composantes d'un timbre d'instrument, les notions d'arrière-plans, plan intermédiaire et avant plan sonore, alors que la compression visuelle jouera sur les redondances de fragments d'images, de répétitions de couleurs, de mouvement d'objets. Il existe donc des codecs audio spécifiques et des codecs vidéos spécifiques.

Ces codecs sont encapsulés dans un format audiovisuel que l'on appelle un containeur. Le plus célèbre de ces formats audiovisuels est certainement le très ancien et obsolète AVI (Audio Vidéo Interlace) de Microsoft. La fonction de base d'un containeur est de synchroniser la lecture des codecs audio et vidéos lors de la lecture d'un film. D'autres formats de containeurs offrent des fonctions plus avancées tels que la gestion des sous-titrages, des chapitrages, des pistes multilingues, stéréo - surround...

Les codecs vidéos

La norme actuelle dans l'industrie audiovisuelle du codec vidéo est le H.264 de la génération MPEG4, codec propriétaire. Ceci dit, nous attendons l'implémentation du codec libre AV1 de l'Alliance for Open Media, à surveiller dans les prochaines mises à jour.

Blender Export Codecs Video

Les autres codecs sont spécifiques et compatibles pour d'autres systèmes de montage vidéo. Si vous travaillez en collaboration avec ces autres systèmes, veuillez vous reporter à la charte d'encodage correspondante.

A savoir, les codecs vidéos suivants :

  • DNxHD sont aux stations de montage AVID - Digidesign.
  • QT rle est le codec des stations de montage Final Cut - Apple.
  • Flash vidéo (obsolete) relatif au Flash Player d'Adobe.
  • Theora est un ancien codec libre.

Et enfin la compression sans perte libre HuffYUV qui nécessite davantage d'espace disque.

Les codecs audio

Les codecs audio les plus courants sont le MP3, le AAC, Vorbis et le AC3. Actuellement, le codec audio le plus couramment utilisé est le Advanced Audio Codec (AAC) de la génération MPEG4.

Export Codecs Audio

Pour les exportations audio, afin d'opérer un montage sonore avec un logiciel dédié de type Audacity et pour les projets audacieux Ardour, il est préférable d'exporter les versions audio au format Brut. Le choix se porte dès lors sur la qualité PCM.

Le Free Lossless Audio Codecs (FLAC) est un format de compression sonore non destructif. Il convient pour l'archivage.

Les containeurs et l'encapsulation

Les formats de containeurs les plus connus sont ceux des différentes générations MPEG  (Moving Picture Experts Group) du consortium MPEG : Le MPEG-1 de la fin des années 80, MPEG-2 des années DVD et actuellement le MPEG-4 des années Blu-Ray et de l'écran plat.

Nous vous conseillons d'encapsuler vos codecs dans le format non libre MPEG-4. A noter que l'encapsuleur H.264 est une sous-partie de la norme MPEG-4. Ou bien, malheureusement abandonnée par l'industrie, l'encapsuleur libre et très performant MKV (Matroska) est aussi un très bon moyen d'encapsulation. C'est donc selon vos convenances.

Blender Export Formats Video

Les autres containeurs sont :

  • L'obsolète AVI de Microsoft
  • Le Quicktime d'Apple et du logiciel de montage Final Cut
  • L'obsolète Flash d'Adobe
  • Les anciens containeurs libre Xvid et Ogg
  • DV est déjà l'antique format de la caméra digitale DV

Les paramètres de la compression audiovisuelle

A ce niveau, nous n'entrerons pas dans la science des paramètres de la compression de l'image et du son. Nous considérons seulement les points importants qui sont :

  • Bitrate vidéo : le débit binaire (Video bitrate) exprimé en nombre de bits par seconde kb/s. Par défaut, il est de 6000 kb/s, le débit standard du DVD - MPEG-2. Pour H.264 - Blu-ray, le débit est de 18 000 kbs. Plus le débit est élevé meilleur est le résultat de la compression. Bien sûr, le même bitrate, associé a un codec récent, améliore grandement la qualité du rendu.
  • Rate : le rate est une variable d'ajustement du débit binaire. Il donne la main à la machine afin qu'elle définisse elle-même le débit binaire à calculer entre une valeur faible et élevée à votre convenance. Par défaut, il est au minimum de 0 et de 9000 kbs au maximum en référence également au débit binaire acceptable du DVD. La valeur maximale du débit binaire du Blu-Ray est de 36 000 kbs.
  • GOP Size : est la taille du Groupe d'images (Group Of Pictures). Il indique le nombre d'images calculées associées à une image référente. Plus le nombre d'images calculées est élevé, plus la reconstitution des images en mode lecture nécessite les ressources matérielles de votre machine. Une caméra grand public a une longueur de GOP entre 6 et 12. Une caméra professionnelle a une longueur de GOP au maximum de 2. Pour un rendu optimal nous préconisons une longueur de GOP = 1. Bien entendu, cela agit sur le poids du fichier, une longueur de GOP élevé réduit ce poids.
  • Buffer et Packet Size sont liés aux capacités de calcul de votre station de travail numérique.
  • Bitrate audio est le débit binaire accordé au son dans un film. Par défaut, il est de 192 kbs. Ce qui est un taux confortable en AAC.

Préconfiguration par Containeurs

Blender offre quelques préconfigurations d'exportation vidéo par containeurs. Elles ne représentent pas toutes les possibilités d'encodage. Le tableau générique d'encodage, présent en annexe de ce livre, n'est pas pour une diffusion professionnelle. Ces diverses configurations sont des choix de solutions pour un échange entre professionnels, un confort de diffusion domestique libre ou non-libre, et quelques formats plus anciens. Attention, ces préconfigurations ne concernent que la vidéo, l'audio n'est pas concerné. De ce fait, vous aurez à ajouter le codec et son débit à la préconfiguration souhaitée.

Blender_Export_formats_Presets

D'autres solutions de préconfigurations sont également disponibles dans Blender. Pour en savoir plus sur l'utilisation des préconfiguration d'encodage et autres paramètres, veuillez-vous référer à la page Export avancé et optimisation du poids des fichiers.

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