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CLUE

L'ÉTAGÈRE

 

Étais-je en chien

Était-ce en maître, ce matin de millénaire,

Au large?

Je me réveille d'une drôle de ride

Sous un immense chapiteau

Accroché à ta hanche

Nos bras défont nos bras

Et nos dépits :

L'arc étendu du dessous.

Efforts qui ne sont que fétu

Et soir

Des grandes dépenses en paille.

Elle se vide ma toile parallèle...

Sais-tu Mère-Louve,

Que mes pieds sont mâchés?

Je fais maigrir ma jambe.

Et tu n'engendre plus.

À la bougie pourtant,

Point capital troué.

Au piège récurrent, un antidote : piège au-dehors,

Et coulent mes jours blanc.

 

    Je ne sais plus qui pour l'avoir dit : à tort ou à raison, c'est affaire du talent. Douteuse question d'empattement, lente sudation humaine pour formule d'une de ses nombreuses graisses sombres, creuses.

D'une rive à l'autre du pré, qu'on ait marché minuscule ou capiteux, il a piétiné deux fois par là. Parfois, pour lui, on dit qu'il se délivre - éclair dans le bouillon des cours - d'eau, un passage de dragon. Si vous ne le laissez filer, il vous coulera dans son lit, sous les planches paradoxes. C'est le grand artificier des programmes de confiture. Ainsi, nos pieds-carré, de celui qui aura, malheureux à sa traîne, déplié cartes, outillé pour mesure, à rêverie ou entendement, annotant tâtonnements ou ânonnements, même, quand tout-à-fait doué pour sa quête.

Songez : arrêter une propriété, au coeur du "Domaine"

- "qu'on ne régit pas", aura dit Guillevic.

Sans rien qui n'augmente l'Étagère.

Antinomie du nomade : les arpenteurs.

Ceux-là qui fichent lignes et caratères. Avançant en se brûlant les yeux des gribouilles qu'ils ont déjà assis, empilant voûtés, tout de ce qu'ils sont, rien de ce qui soit, quand d'autres ont le regard comme porté, et des ailes dans l'azur. Ils sont sur leur objet, à jamais tout-à-fait vaincus, grisés par leur non-rémission. On les voit apparaître, ces lecteurs-pêcheurs à la loupe grossière, et goûteurs du lait ou du fiel de quelque nouvelle donnée à inscrire point à la ligne.

Tour à tour confondus puis persuadés, et défaits après dans les recoins, et d'un bout à l'autre de la texture, mais jamais quelque part.

Car cet "objet" qu'ils convoitent se dérobe à la carte : au centre de ce pré, qui pourtant continue, "bien commun" au tapis, tel déséquilibre ne peut être, pour eux, que rué vers les autres.

On répète : il y a bien un lit entre les deux rives, mais il ne s'agit pas d'un pont à traverser. On y chevauche en récit. Des para-dogmes. Des fuites linéaires, râtières, raturées toujours à refaire. Des lettres au carré, au cube même, augmenté de mille étages super-natifs et inutiles. Et des langues, écrites, compatibles, compromises, perlières ou policières, comptables, qui racontent délicieusement que de la fin de ces monts alphabètes, on en voit jamais revenir aucun, de ces arpenteurs : que des lettres!

" Le monde est une autre rivière" , vous disent-ils.

Les étagères qu'ils y dressent, vous y promène à l'autour. C'est bien éternellement la seule rivière qui y coule, et son lit de rouler, de passer. Lui, l'arpenteur y égare la lune dans son reflet.

Comme on cherche de l'or, on ne pense plus au bain.

Par le manque d'associé s'attise une rage, qui reste sans étreinte.

Ça dresse alors un cheval facteur.

Mais à poste restante qui voudrait correspondre, se connecter si vous l'êtes, même de bonne foi?

 

Lontemps coursier, j'ai fait la lutte, dans les pages, cherchant à buter sur mon caillou, pour trouver figure d'homme.

Lire, lire, lire le monde, lire est le propre de l'homme, comme j'ai cru devoir l'absorber. Ce jeu a été inventé. On sait aujourd'hui que c'est une blague, qui fit du singe, riant rétrospectivement, un homme.

Dieu président au transfuge.

Rien de cela n'ira plus désormais sans drôlement l'écrire.

Raconter et suspendre à mon tour, la débâcle, l'incompréhensible erreur du lettré. Sa défaite devant le frisson de ce qui vit, et ne se vit pas à travers autre chose que soi, mais bien "au travers".

Jamais arrêté par soi, ce soi que l'arpenteur astique.

 

Ce sera faire mémoire, et donc, poéterie, à l'anglaise.

Je filerai renvoyer au matin, leur gymnastique orthographe. Fabriquerai de ces lectures, cigares grammaires, dans la brochure ou du panorama : en somme égale en étagère. Tout de ça, c'est encore dans du pré ; lourd en cartons, mais dans le pré. Même piqué, je suis vivant, dévidant pour le soir aussi, aux besoins.

Je ferai mouche à la lettre, secrète.

On la grillerait ensuite, l'abeille-ouvrage, comme sait l'oser le faussaire, entre goudron et plume, seul parmi tous, comme sait aussi seul, bien se plaindre moderne, le poète.

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