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Créer un cercle d'apprentissage

Creer un Cercle - Objectif et cadre

 

L'idée de cercle d'apprentissage est aussi vieille que les chevaliers de la table ronde, voire aussi vieille que l'humanité a pris l'habitude de se retrouver autour d'un feu pour échanger et partager.

Citation inconnu

 

Il existe des références internationales les cercles d'études Suédois sont particulièrement documentés par Jonathan Kaplan (2009), une variété de communautés d'apprentissage est identifié pour des dispositifs en ligne ou à distance (Cristol, 2017) reprenant la logique des cercles qu'ils soient cercles d'intervision entre coachs, cercles d'apprentissage, cercle de legs dans le cas de départs à la retraite, ou cercle de dialogue.

Se retrouver en cercle renvoie à l'imaginaire du partage d'idées à égalité de position et équidistance des uns par rapport aux autres. Les pratiques de prise de parole induite par le positonnement physique d'un cercle produisent un autre rapport à l'autre au savoir et au poids de sa parole. C'est le lieu des expérimentations. Tout en gardant en tête que chacun trouvera des choses différentes dans un cercle d'apprentissage.

 

 Pourquoi un cercle ?

Pour un coach, un formateur, un consultant..., la participation à un cercle est un moyen de rompre l'isolement, de partager des pratiques, de se jauger par rapport aux savoirs et aux discours en vigueur. C'est aussi un outil de travail d'échanges et de dialogue avec ses groupes de travail. Apprendre en transmettant son savoir en évoquant des cas rencontrés permet de s'assurer de ses manières de faire et de faire grandir par exemple sa maîtrise d'un sujet.

Pour un DRH, participer à un cercle d'apprentissage peut répondre à un enjeu de veille, auprès de profils différents, selon de nouveaux processus. Poser un temps sa fonction et son rôle hiérarchique pour apprendre tout simplement au contact d'autres personnes humaines rappelle les bases de la communication.

Pour les dirigeants l'enjeu est fait d'ouverture, d'apprentissages informels dans un contexte détendu, de dialogue, tout en gérant son temps et ses engagements.

Pour un étudiant, un demandeur d'emploi, c'est aussi la possibilité d'accroitre son réseau de connaissances et de confronter ses projets et idées professionnelles à d'autres en activités. C'est aussi la possibilité de se faire connaître à travers ses compétences et de se créer des grâce.

Pour tous c'est la possibilité d'être surpris dans ses croyances et de bénéficier de plusieurs dynamiques collectives :

  • sérendipité : rencontre de personnes stimualntes et fertilisation d'idées,
  • croissance de son réseau et structuration de son réseau personnel d'apprentissage personnel,
  • co-action et stygmergie : entraînement mutuel quand chacun s'engage et agit à côté des autres,
  • nouvelles idées, veille.

Le cercle est à la base le lieu et l'espace des "conflits sociocognitifs" (Amaury Daele, 2013), c'est à dire des échanges et débats qui permettent d'apprendre grace, par et avec les autres en présence ou à distance.

Le cercle d'apprentissage, ou la communauté d'apprentissage, perturbe l'assise, participe à la déconstruction du monde et de carte qui faisait territoire de la personne ou de l'organisation. On peut y aller candide, on n'y reste pas sans la motivation de l'intérêt commun.

 

 Quel type de cercle veut-on ? 

 La nature d'un cercle change selon la façon dont il est initié. Plusieurs options sont envisageables comme celle d'un cercle au choix, permanent ou éphémère, comme un cercle promus par les personnes ou par des institutions et encore autres paramêtres, avec une participation constante ou ponctuelle. La nature et la dynamique du cercle sera différente selon les choix.

Le cercle permanent crée des perspectives dans la durée, il peut se trouver confronter à la nécessité de s'instituionnaliser pour devenir une association, ou une structure capable de rebondir dans le temps, de mobiliser des moyens de créer une image de sérieux autorisant de plus grands engagements.

Un cercle éphèmère se dissoudra une fois l'objet initial de réunion réalisé. Ce sera tout de même l'opportunité de créer des liens avec d'autres.

Quand le cercle est crée par une institution, le cercle se trouve redevable des moyens et ressources mis à disposition et est conduit à respecter un ordre établi. Les visées du cercle et ses façons d'interpeler l'environnement sont encadrés. Les chartes de communication, les outils informatiques mobilisés passent par le regard de professionnels autorisés par l'institution a mettre un veto ou à subordonner les visées des membres du cercle à celles de l'institution. De fait la motivation engagée est extrinsèque. Une commande se pose qu'il s'agit de satisfaire ou tout du moins à ne pas contrarier.Les rôles statuts des individus restent très fortement sous-jacent aux relations.

Quand le cercle est créé à l'initiative de personnes, l'architecture invisible qui lie les personnes est très différente. Elle est tramée de motivations et d'envies personnelles. Le but prédomine sur les moyens. L'agilité des systèmes et des solutions est compléte. Les rapports de pouvoir pris en référence sont des rapports négociés, car à tout moment chacun peut se déprendre du cercle et se recontrer sur ses intérêts particuliers. L'animation de cercles auto-organisés contraint chacun à composer avec les autres pour partager une vision qui se fait progressivement vision collective d'apprentissage et non réponse à une commande.
 

Entrer dans le cercle sur la base d'une ignorance ou sur la base d'un contenu

Lorsque les participants décident d'adhérer à un cercle d'apprentissage ils peuvent le fair parce que le cadre est suffisamment flou pour être habité (Cf Travaux de François Fourcade du CIRPP) ou bien parce qu'au contraire les contenus proposés sont suffisamment attractifs et distinctifs, parce qu'ils ont l'impressions de participer à une aventure et être des pionniers.

- entrer par l'ignorance, c'est se départir de ses croyances de ses habitudes d'apprentissage (époché phénoménologique). C'est accepter de construire un cadre de connaissance et d'interactions

- entrer par le contenu, c'est s'assurer de terrains connus, permettant de se raccrocher à un but, un objectif de savoir utile pour soi ou sa carrière

En réalité les deux approches peuvent se marier c'est l'idée du cadre déformable ou de la liberté pour apprendre chère à Carl Rogers (1996). Des éléments d'apprentissage sont présents, mais tout n'est pas suffisamment précis et celui qui veut apprendre doit alors s'engager pour construire avec les autres un sens partagé. Cette liberté confié à un collectif donne le vertige puisque le cadre pour agir est peu défini. Comment sait-on si on va dans la bonne direction? Comment sait-on si on appris les bonnes choses?


Points de vigilance

Toute la vigilance est à porter sur le curseur entre formalisation d'une intention et cadre laissé à la libre construction des participants. Trop de cadre et de contrôle n'incitent pas à occuper un espace qui paraît piloté. Pas assez de cadre et c'est la peur du vide et de la page blanche qui l'emporte. C'est pourquoi des participants vigilants, ou facilitateursjouent un rôle de réassurance et d'initiation des nouveaux ; encore faut-il qu'ils aient conscience de cette attente des autres et que leur niveau de conscience pour l'accueil des nouveaux soit stimulé.

 

Perspectives

L'expérimentation de rôle, de forme de relation  et d'occupation de nouveaux espaces est infinie. Cette expérimentation revêt de la valeur sociale à chaque fois que chacun sent que c'est le collectif qui est servi. Dès lors les perspectives c'est d'être à l'affut des questions sociétales, de savoir écouter les signaux faibles pour pouvoir les accueillir dans un cercle. Le cercle a tout loisir de devenir une communauté restauratrice de liens et de futur à vivre ensemble, constitué sur la seule activité d'un être humain : apprendre.

 

Sources et liens

Denis Cristol, Les communautés d’apprentissage: apprendre ensemble. Savoirs, (1), 10-55 - https://www.cairn.info/revue-savoirs-2017-1-p-10.htm
 
Jonathan KAPLAN (2009), L'autodirection dans les apprentissages coopératifs : le cas des Cercles d'Etudes. Thèse en science de l’éducation. Paris Ouest Nanterre. https://bdr.u-paris10.fr/theses/internet/2009PA100173.pdf
 
Amaury Daele (2013), Discuter et débattre pour se développer professionnellement: analyse compréhensive de l'émergence et de la résolution de conflits sociocognitifs au sein d'une communauté virtuelle d'enseignants du primaire (Doctoral dissertation, University of Geneva) - https://archive-ouverte.unige.ch/unige:27065/ATTACHMENT01

François Fourcade, http://blog.educpros.fr/francois-fourcade/ 

Carl Rogers, Liberté pour apprendre (1996). Paris : Dunod - https://www.dunod.com/sciences-humaines-et-sociales/liberte-pour-apprendre

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