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Fontes libres

Recommandations de nommage

Le nommage ou plus exactement la nomenclature qu'un dessinateur de caractère est amené à choisir pour désigner son œuvre revêt une importance particulière et mérite un temps de réflexion suffisant avant que le projet ne soit rendu public.

En effet, le fait de choisir un nom original permet à l'auteur de démarquer sa création du reste des autres fontes publiquement disponibles.

Les éléments culturels et les connotations du nom choisi constituent une interface unique, un lien de confiance entre créateurs et utilisateurs. C'est en quelque sorte une marque dont les utilisateurs vont plus facilement se souvenir et qui va se rattacher à un contexte de référence familier.

Il faut cependant distinguer le nom interne de la fonte - celle qui apparaît dans le menu d'un traitement de texte ou d'un logiciel de dessin vectoriel - et le nom des fichiers de la fonte.

Voilà à quoi peut ressembler une liste de fontes disponibles.

Choisir un nom permet donc d'ouvrir un espace de nommage dédié bien reconnaissable dans lequel les variations prévues de graisse ou de style pourront s'inscrire.

Choisir un nom original

C'est à l'auteur que revient le privilège de nommer sa création, à moins, bien entendu, que ce soit un travail de commande externe où le nom est imposé par le contexte et la volonté du client.

Les facteurs influençant le choix pourront être par exemple le style recherché, l'origine géographique ou la période, le fait de vouloir faire un hommage ou une parodie dans la connotation du nom.

Il faut aussi noter que certains auteurs ou fonderies peuvent choisir d'inclure leurs initiales ou leur nom dans un des mots formant le nom complet de la fonte de manière à ce qu'on puisse facilement reconnaître toutes les fontes du même auteur.

Limitations techniques

Il faut cependant faire attention à certaines limitations dans le choix du nom. Par exemple, un nom trop long ou contenant des caractères spéciaux comme un tiret posera problème et empêchera que la fonte ainsi nommée fonctionne et apparaisse normalement dans le menu de fontes. Voir les spécifications et recommandations du standard OpenType1  pour plus de détails.

Prévoir le développement et la vie future du projet

Au-delà du choix initial, il faut prévoir la suite de la vie et de la croissance du projet. En effet, faire le choix d'une licence libre implique la possibilité que d'autres créateurs puissent publier séparément leurs travaux dérivés ou puissent renvoyer directement à l'auteur original des fonctionnalités intéressantes qui seront reversées dans la version originale si le premier auteur le décide. L'auteur n'est donc plus tout seul à faire évoluer le projet mais il reste néanmoins le seul à décider du devenir de la version souche tandis que les versions dérivées sont sous la responsabilité de ceux qui les ont lancées.

Certaines versions dérivées pourront éventuellement à terme comporter plus de fonctionnalités, permettre un usage dans plus de langues ou de styles différents et ainsi toucher un public plus large que l'original. Mais si le nom original est bien choisi et que les mots qui le constituent sont réservés par l'auteur, les fontes dérivées ne pourront pas se substituer à l'original mais leur statut de dérivés restera clair aux yeux des utilisateurs et ne sera pas source de confusion. Dans la documentation de ces fontes dérivées, on trouvera des informations sur l'original et une mention du nom original avant changement mais on pourra clairement les distinguer entres elles en parcourant le menu de fontes dans son logiciel favori.

Le fondeur doit donc choisir puis réserver un espace de nommage en prenant en compte les dérivés auxquels son œuvre peut donner naissance maintenant ou dans le futur.

Quelles sont les problématiques à prendre en compte ?

Il y a un délicat équilibre à atteindre : il faut à la fois autoriser les modifications et la création de dérivés par d'autres personnes - y compris des inconnus, ce qui a de grandes chances d'être le cas du moins au début - tout en évitant les collisions avec l'original qui sera peut-être amené à changer et à continuer à évoluer de son côté - et ainsi garantir la stabilité des documents. C'est à la fois une ouverture complète et une discipline que respecteront le créateur initial et tous les autres contributeurs. Le créateur initial indique qu'il accepte que d'autres fassent toutes les modifications voulues sans classifier les changements mineurs ou majeurs mais ils doivent le faire "ailleurs", ou dans leur coin, sans porter atteinte au travail original.

Les patchs et modifications peuvent alors exister et voyager sans collisions d'une branche à l'autre et vers le tronc : c'est-à-dire la version originale. Chaque mainteneur de branche, c'est-à-dire de version dérivée, veillera à garder sa partie de la nomenclature cohérente.

Une solution issue du mouvement du Logiciel Libre : l'OFL et les noms de fontes réservés (Reserved Font Names)

L'OFL (Open Font License) a été tout spécialement conçue en partenariat avec les acteurs majeurs de la communauté du logiciel libre et des représentants des fonderies traditionelles pour proposer une solution adaptée à ces problématiques en permettant à chaque auteur original et contributeur additionnel de réserver un ou plusieurs noms tout en autorisant les modifications en aval. Le mécanisme de réservation des noms - comme défini dans les clauses With Reserved Font Names "ExempleDeNomRéservé" de l'OFL, dans l'en-tête de la licence - à l'endroit où le copyright est indiqué par les auteurs - est tout spécialement prévu pour définir ce point d'équilibre.  Ce dernier établit une zone neutre entre les besoins du créateur original de garder le contrôle sur une version de référence du projet et son désir de permettre à d'autres d'étendre et d'expérimenter à partir de sa création.

Voici le modèle à personnaliser dans l'entête de la licence en remplissant les <>

Copyright (c) <dates>, <Copyright Holder> (<URL|email>),
with Reserved Font Name <Reserved Font Name>.
Copyright (c) <dates>, <additional Copyright Holder> (<URL|email>),
with Reserved Font Name <additional Reserved Font Name>.
Copyright (c) <dates>, <additional Copyright Holder> (<URL|email>).
 
This Font Software is licensed under the SIL Open Font License, Version 1.1.
This license is copied below, and is also available with a FAQ at:
http://scripts.sil.org/OFL 

Voir les chapitres « Comment créer une fonte » et « Comment modifier une fonte » pour des exemples pratiques détaillés et commentés de choix de nommage.

Dans une optique internationale et par souci de cohérence avec le modèle juridique harmonisé de la convention de Berne et ainsi faciliter l'usage et la reconnaissance à échelle mondiale de la volonté du et des auteurs, cet en-tête sera rempli et conservé en anglais (ce qui n'empêche pas bien sûr que de la documentation en français ou toute autre langue choisie soit livrée avec la fonte).

Choix de numéros de version

Dans la même logique que le choix d'un nom et sa réservation, il faut aussi prêter attention au choix des numéros de version dans un projet de création de fonte. Les numéros de version de la fonte existent pour donner la possibilité de distinguer les étapes de la vie du projet et bien identifier le cycle de développement. Il existe plusieurs approches déterminées par les spécificités du projet et des choix des auteurs.

Des recommandations générales peuvent être :

  • distinguer les versions d'essai et de développement des versions stables et bien validées par exemple par l'utilisation de modes mineurs et majeur, par exemple : 1.2.3. ;
  • distinguer les différentes versions grâce à la date de sortie officielle, année et mois, par exemple : 2008.10 ;
  • utiliser des tags ajoutés à ces numéros de version pour signifier un état précis : alpha, beta, test, rc (release-candidate) ;
  • publier votre travail rapidement et souvent2.

Habituellement ces nombres sont ordonnés du plus significatif au moins significatif : une évolution du premier nombre correspond à une refonte (relative) du logiciel, tandis que le dernier correspond à une évolution mineure. Ainsi, une version nommée «2.70» pourrait avoir le sens suivant :

  • 2e version publiée ;
  • 70e ajout de fonctionnalité (ou correction de problèmes) dans la version 2.

De manière générale, plus les modifications apportées par le nouveau patch ou la nouvelle version sont importantes, plus le numéro changera à gauche. S'il s'agit d'une simple correction d'un bug mineur on passera de 2.70 à 2.71. Par contre si on a le droit à une mise à jour majeure (de nouvelles fonctionnalités, une ergonomie différente, etc.) on passera de 2.7 à 3.0.

Traditionnellement, la première version fonctionnelle d'un logiciel est notée 1.0. Certaines versions de logiciels sont notées 0.x ou 0.x.x, indiquant par là même que le logiciel n'est pas abouti et correspond généralement à une version bêta.

Ces nouvelles versions et la description des changements et des personnes qui les ont réalisées sont décrites dans le FONTLOG.tx.

Foire Aux Questions OFL

La FAQ (Foire Aux Questions) de l'OFL explique en détail les différents aspects et mécanismes de nommage, donne des exemples de gestion de version et d'ajout au FONTLOG. Ce document répond aussi à toute une série d'autres questions que pourraient se poser créateurs et utilisateurs de fontes libres : scripts.sil.org/OFL-FAQ_web

  1. http://www.adobe.com/devnet/opentype.html^
  2. Remémorons-nous cette phrase souvent évoquée dans les bonnes pratiques liées à la culture du logiciel libre : "Release early, Release often".^

Il y a une erreur de communication avec le serveur Booktype. Nous ne savons pas actuellement où est le problème.

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