Sites


La co-édition grâce à Booktype au B7 : mise à l’épreuve du livre numérique

Innovation sociale

Qu’est-ce que l’innovation sociale?

L’innovation socale est une forme de développement économique qu’il ne faut pas confondre avec L'économie sociale, mêne si elle peut s’inscrire dans le de la tendance qui a conduit les États à se doter de politiques pour l’encouragement d’initiatives visant à suppléer aux manquements des services publics par la mise sur pied de services de proximité assurés par des proches comme dans le cas des pairs aidants, ou des aidants natturels, comme lorsqu’une femme s’occupe de son mari atteint d’une maladie exigeant des soins constantsé Mais enmême temps l’innovation sociale se démarque de cette mouvance par le fait qu’elle est caractrisée vers la recherche d’une synergie entre des forces vives des milieux engagés voulant changer les choses pour leurs communautés et des acteurs de l’économie ou du monde de l’entrepreneuriat qui voient dans ces volontés de modifier les manières de faire pour mieux répondre aux besoins que ce que l’État ou le marché ont pu apporter des opportunités de générer des profits de manière novatrice, tout en se donnant comme finalité de les réinjecter dans la recherche de processus et de techniques plus performants pour réaliser les mêmes bénéfices à moindres coûts sans que ce soit nécessairement dans un but de maximisation des profits, mais vraiment pour optimiser la manière dont on fonctionne en tenant compte des multiples dimensions de la situation (comme dans le développement durable).
Je crois que j’aurais des critiques pour cette défintion.

Voici donc une définition plus formelle :

Définition de l’innovation sociale :

« L’innovation sociale consiste à élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits dans les conditions actuelles du marché et des politiques sociales, en impliquant la participation et la coopération des acteurs concernés, notamment des utilisateurs et usagers. »

Champs d’application

Ces innovations concernent aussi bien le produit ou service, que le mode d’organisation, de distribution, dans des domaines comme le vieillissement, la petite enfance, le logement, la santé, la lutte contre la pauvreté, l’exclusion, les discriminations… Elles passent par un processus en plusieurs démarches : émergence, expérimentation, diffusion, évaluation. »
Une des caractéristiques de l’innovation sociale est le souci de l’efficience supposant la mise en place de dispositifs pour mesurer les impacts des actions posées. Et comme le dit le document d’où est tirée la définition proposée, l’innovation sociale peut devenir un pilier pour le développement des collectivités territoriales, car les ressources technologiques ne sont pas le principal ingrédient du succès dans de telles démarches, mais c’est plutôt la mobilisation des acteurs sociaux.
C’est pourquoi on parle de personnes responsables de déceler les agents de changement dans leur milieu : «Ainsi, au sein du réseau, des “capteurs” ont été désignés pour être sensibilisés et formés à l’innovation sociale.»

Or pour repérer qui contribuer à l’innovation sociale il faut savoir discerner ce qui constitue de l’innovation sociale. Et cela implique une forme de modélisation ce qui est en soi un processus d’innovation sociale, car en analysant les phénomènes qui constituent des cercles vertueux, où le potentiel des ressources est démultiplié en raison de la manière dont elles sont combinées, on arriver à générer une compréhension de ce qui rend possible ces effets bénéfiques et on peut les reproduire (ces conditions de possibilités).

Lien avec le design

Design thinking 

Or cela a un lien avec le sujet de notre colloque car c’est un travail de design dans la mesure où c’est l’objet du design thinking. On cherche à dégager des motifs qui peuvent être transposés moyennant adaptation à d’autres contextes. Pas tant des recettes que des cadres qui peuvent faciliter les choses. On le voit beaucoup en gestion pour les organisations qui cherchent à motiver leurs employés et qui font appel à des consultants, comme André Fortin auteur du blogue Créativité 33.

Design de la connaissance?

Cependant on peut se demander si le design thinking a un quelconque rapport avec le knowledge design.
Le design de la connaissance n’est pas quelque chose de nouveau. L’allégorie de la Caverne de Platon en constitue un bel exemple dans l’Antiquité. En fait, c’est toute l’architecture de La République qui en constitue le parangon. C’est un processus ascendant et descendant comme l’ascension d’une montagne, qu’il faut ensuite redescendre (ce qui est souvent plus difficile).
La dialectique hégélienne en est l’archétype le plus connu. C’est donc la pensée d’un processus.
Mais le terme knowledge design en vient à prendre une signification plus particulière en lien avec le contexte de la culture numérique, mais sans rapport immédiatement visible avec l’innovation sociale, à travers les travaux de Jeffrey Schnapp :
Le meilleur résumé en est donné dans l’énoncé de la mission du séminaire Humanities Studio du Métalab de Harvard, dont M. Schnapp est le coordonnateur :

This Humanities Studio seminar will be run by the metaLAB (at) Harvard team. It will explore the shapes and forms that experimental scholarship is assuming in an array of arts and humanities disciplines, from media studies to digital humanities to cultural analytics. It will also explore emergent models of knowledge production and publication within and across media. Open to advanced undergrad and graduate students, and to students from the Graduate School of Design.

La question à laquelle ils cherchent à répondre est la suivante : «What should or could (scholarly) knowledge look like in the 21st century? »
Le sous-titre de la conférence de M. Schnapp qui fait autorité dans le domaine est : «Incubating new knowledge forms / genres / spaces in the laboratory of the digital humanities»
Même si nous parlions de modélisation à l’instant, l’idée de cette conférence est de montrer que l’on doit trouver des manières de nous organiser pour fonctionner dans un contexte où ni les formes ni les genres des contenus qui seront créés pour répondre aux questions que nous nous posons ne nous sont données à l’avance. Et même les méthodes auxquelles il faudra avoir recours pour y arriver sont, si ce n’est à inventer, à découvrir ou réinventer.

«The phrase Knowledge Design describes the situation in the contemporary humanities that most closely engages my own work as both an analog and digital humanist: which is to say, a setting in which neither the methods that produce humanistic knowledge nor the forms and genres into which such knowledge is shaped are givens1 »

Partant de là on peut faire le lien avec la culture numérique, caractérisée par la créativité critique et le dynamisme qui vient de la reconnaissance du caractère performatif du paradigme culturel introduit par l’adoption à large échelle des technologies hypermédiatique et en particulier à l’avènement de l’internet des objets et du web sémantique.
Dans la mesure où on est d’accord pour dire que l’innovation est de la créativité, et que le premier ingrédient de l’invention c’est la connaissance, on admettra sans doute que les réflexions menées par des équipes comme celle de Jeffrey Schnapp à Harvard sur le design des connaissances peut trouver un écho dans le domaine de l’innovation sociale.

Le lien entre culture numérique et innovation sociale se précise donc.

Holisme ou matérialisme ?

Et la pertinence d’aborder la question de ces relations par l’intermédiaire d’un questionnement sur le livre à l’ère numérique, se clarifie aussi. Parce que le livre comme support de connaissances a été un dispositif technique qui fut le fruit d’une élaboration longue, intense et continue comme l’a exprimé avec éloquence François Bon dans Après le livre, et comme de nombreux chercheurs se sont efforcés de le démontrer, à commencer par Roger Chartier. Le livre, défi du design (sur les rapports entre interactivité et édition ou «l’intersection de la création et de l’édition») …
On peut se demander si le fait d’interroger cet enjeu dans la perspective des humanités numériques lui donne sa juste portée ou s’il la réduit. Le fait est que le vrai questionnement à avoir pourrait être : est-ce que les deux activités (concevoir et comprendre) sont les termes en tension d’une boucle de récursion, ou si comprendre en se basant sur des faits n’est pas la cause efficiente qui rend possible l’émergence de connaissances nouvelles à travers des inférences. Faut-il induire ce qu’on saura des observations matériellement fondées que l’on fait ou est-il permis d’espérer générer des connaissances nouvelles et valables en partant des projections parfois fantaisistes de notre imagination?
Je pourrais invoquer la figure d’Einstein pour montrer que l’humour et la musique ou l’«esprit de finesse» sont des maîtresses d’intelligence théorique plus fécondes que l’«esprit de géométrie» comme dirait Pascal.
Mais ce qui semble clair c’est qu’une boucle cybernétique est à l’oeuvre dans le processus de production de savoirs. Le livre numérique se trouvant au coeur de la médiation des connaissances en formation à partir d’informations qui se colligent suivant différentes démarches, et qui pourront évoluer vers le statut de savoirs s’ils sont repris par des communautés de pratiques pour qui ces connaissances acquerront une fonction vitale, il est donc intéressant de relier design thinking (qui peut exploiter des livrels au format ePub comme des algorithmes de visualisation de Big Data), et Knowledge Design.

Autre piste, le rapport à l’ingénierie des connaissances en rapport avec les sciences de l’information

Mais ce qui est certain c’est que ces approches sont susceptibles de nous aider à reprendre la main sur les dérives de la fuite en avant à laquelle nous convient les transhumanistes. D’ailleurs, à ce niveau, l’ingénierie des connaissances d’un Bruno Bachimont2 constitue une excellente école de rigueur théorique et pratique tout à fait dans l’esprit (et la lettre) de ce que devraient être les humanités numériques.
Cependant, le professeur Marcello Vitali-Rosati qui fut mon directeur pour ma maîtrise en littératures de langue française est d’avis que le concept d’éditorialisation (d’abord utilisé par Bachimont) est plus à même de désigner les mutations en cours dans notre écosystème s’il est entendu comme ce qui désigne l’ensemble des dynamiques qui concourrent à la transformation du monde à l’époque du numérique.

C’est ainsi que «[l]'ouverture de l'éditorialisation par rapport à l'édition papier détermine une certaine perte de contrôle de l'écrivain comme de l'éditeur sur le contenu. En effet, tous deux ne sont plus que des acteurs parmi d'autres du processus éditorial, qui s'élargit considérablement3.» Et certains de ces acteurs sont des agents informationnels, qui sont des intelligences artificielles ou tout simplement des algorithmes qui génèrent des écritures numériques (du code) contribuant à façonner le monde en modifiant la manière dont les éléments sont mis en relations. Cela décrit la nature dynamique du monde en contexte hypermédiatique. Il nous revient de prendre acte de cette réalité en tant que créateurs de contenus et médiateurs d’expériences esthétiques et intellectuelles favorisées par la circulation de ces contenus.

Conditions et contexte

e-cheminement vers l'app-à-rôles 

«Par où commencer ?» (Barthes, Le degré zéro de l'écriture).

Référence au problème classique du cercle herméneutique: comment aborder un texte ? (par le cenrtre ou par la périphérie ?)

Et pourquoi pas, par ici ?

En ce qui me concerne, mon quartier: Pointe-Saint-Charles. Et incidemment, le B7 (à Montréal).

Mais évidemment, cela n'est pas aussi essentiel que de nous demander comment aménager nos manières d'être pour qu'elles soient génératrices de plus de liberté. Et pour ce faire, il importe de nous orienter vers des modes de lecture de notre milieu qui nous amène à le redécouvrir par une déambulation au travers (perquam) de ses intersitices. Ce mot renvoie aux les lieux «indécis» (marqués par l'ambiguïté, le floutage des frontières de la propriété), et évoque la rencontre entre des zones hétérogènes qui se contaminent.

Le web partage des caractéristiques avec le l'oralité et les livres numériques qui s'inscrivent dans ce contexte peuvent servir à incarner durablement des propriété des cultures métissées qui favorisent une plus grande mobilité de leurs membres entre différents territoires imaginaires, et temporalités dynamiques.

Chercher dans le développement de l'art de générer des connaissances partagées un nouveau sol où réenraciner nos moeurs en mal de lieux à habiter

Tenir compte de l'état des lieux, des conditions dans lesquelles le web s'est développé et des ressources qui existent nous permettant d'en faire un usage créatif et intelligent, au sens de la réalisation du potentiel de ce contexte particulier.

Quand agir ? Maintenant. Encore une fois saisir le pouls du temps présent.

Sentir ce qui peut fonctionner dans la conjoncture actuelle.

Mettre à l'épreuve ces hypothèses en saisissant les opportunités qui se présentent.

Participer aux mouvements sociaux et aux courants de réflexion qui déplacent les lignes de force autour desquelles s'articule le développement économique.

Ne pas négliger le pouvoir des dispositifs transitoires

Viser l'équilibre pour mieux opérer les déplacements que peuvent se produire avec le concours de communautés de pratique

Rester actifs pour intégrer une conscience critique et un sens esthétique plus raffiné à nos démarches de construction de modèles de développement alternatifs.

Quoi faire ?

Écrilire à coeur joie !

 

 

 

  1. Jeffrey T. Schnapp, «Knowledge Design», conférence Herrenhausen Lectures, Hanovre, 2014, 30 p. http://jeffreyschnapp.com/wp-content/uploads/2011/06/HH_lectures_Schnapp_01.pdf ^
  2. Bruno Bachimon, Ingénierie des connaissances et des contenus : le numérique entre ontologie et document, Hermès Science, 2007 (ISBN 9782746213692) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Bachimont ^
  3. Vitali-Rosati, Marcello, «Qu’est-ce que l’éditorialisation?», Sens public, 18 mars 2016 (traduit de l’anglais par Servanne Monjour) http://sens-public.org/article1184.html ^

Il y a une erreur de communication avec le serveur Booktype. Nous ne savons pas actuellement où est le problème.

Vous devriez rafraîchir la page.