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La co-édition grâce à Booktype au B7 : mise à l’épreuve du livre numérique

Réponses

Nous allons donc tâcher de répondre aux trois couples d’objections, terme à terme. Mais nous ne prétendons pas que cela suffira à éteindre le débat, mais nous espérons au contraire que celui-ci pourra se poursuivre lors de la période de questions, quitte à bifurquer suivant des «chemins de traverses» que nous n’avons pas anticipés. On me pardonnera, je l’espère de ne pas adopter, pour répondre aux objectifs, la démarche du crabe. J’aurais aimé pouvoir répliquer de manière plus synthétique aux trois duos d’arguments mobilisés contre la valeur de Booktype comme plateforme d’édition collaborative pour le B7 en particulier, mais aussi pour de la co-édition ou de l’édition en général. Mais je ne puis me permettre de le faire car, tel que j’ai tenté de l’exprimer en conclusion aux objections, celles-ci ont été formulées dans la perspective assez spécifique d’une posture idéaliste considérant que les moyens utiliser pour faire de l’auto-gestion ne peuvent pas être communs ni banals mais doivent se démarquer.

1. Réponse à l'objection de design pas assez innovant et de fonctionnalités limitées

Alors, les trois facettes de l’accusation d’insuffisance formulée ci-contre à l’endroit de Booktype (et a fortiori de Booki) ne sont en effet que trois volets d’une même idée : Booktype n’est pas à la hauteur de l’idéal de transformation sociale qu’incarne le B7. Mais l’intérêt de ma contribution à la réflexion collective que nous essayons de mener, à l’occasion d’ÉCRiDiL 2018, sur ,« le livre, défi de design » (l’intersection numérique de la création et de l’édition) est entre autres de décortiquer différents angles d’attaque par lesquels les meilleures intentions du monde peuvent être accusées de faiblesse et ainsi mieux nous outiller pour résister à ces assauts défaitistes. Alors si vous voulez bien, procédons.

1. a) La meilleure manière d’être innovant c’est de contribuer à reconstituer des équilibres

L’accusation de manque de nouveauté pèche par excès de formalisme

D'une certaine manière, l'accusation de manque de nouveauté, pèche par excès de formalisme. En effet, elle semble exprimer le regret que la plateforme Booktype ne donne pas une importance plus grande aux options de mise en forme du contenu. La critique prétend toucher un aspect fondamental de la visée du logiciel en soulignant le contraste entre le caractère novateur du projet de fabrique d’autonomie collective qui est en train de naître au B7, et l’aspect relativement banal de l’interface de Booktype. Le raisonnement semble donc être qu’on ne peut réaliser de grandes choses avec des moyens qui ne sont pas exceptionnels.

La question qui paraît sous-tendre cette critique serait alors la suivante : « si un logiciel n'apporte rien de nouveau, aucune "invention" qui repousserait les frontières de nos capacités techniques et informationnelles,  comment peut-il prétendre être innovant ? »

Or le formalisme, s’il n’est pas mauvais en soi (il peut se justifier en art notamment), devient excessif quand il conduit à rejeter un modus operandi qui ne paye pas de mine même s’il pourrait rendre d’importants services à une noble cause. Il y a quelque chose comme une mythologie à croire que seules de belles façons peuvent générer des bienfaits. Tant que l’environnement dans lequel on travaille n’est pas démoralisant, on peut construire des artefacts qui tiennent debout, si on utilise un bon compas.

L’autre problème avec cette insistance à exiger que la forme devrait exalter le fond, alors que le fond demeure ouvert et multiple, dans le cas du B7 comme dans la plupart des projets intéressants d’innovation social ou de valorisation de la culture numérique qu’on pourrait imaginer, c’est que cela donne l’impression que l’on pourrait arriver à une solution unique à la question de savoir comment le fonctionnement d’une telle plateforme de co-édition devrait fonctionner. Or, Booktype est configuré différemment selon les organisations qui l’utilisent pour tenir compte des particularités associées à l’usage que leurs membres ou clients pourront en faire. Ce qui est normal et louable.

La visée de l’équilibre est porteuse d’une plus grande flexibilité et l’adaptation est une force en contexte de transition

Même s'il ne faut pas perdre de vue nos rêves et bien qu’il soit bon de continuer à nous efforcer de renforce la valeur de nos initiatives par des choix de moyens qui n’entrent pas en contradiction avec nos intentions, il y a des processus et des méthodes pour avancer dans la quête d'autonomie qui nous unit, qui sont grands en partie parce qu'ils sont équilibrés. Si on y réfléchit un peu, le fait de présenter des aspects plus sophistiqués que la moyenne des interfaces qui se donnent des allures de transparence absolue en étant minimalistes au point de manquer de consistance, tout en évitant d’êtr surchargées ou alambiquées par des codes obscurs ou des complications inutiles, cette recherche visible d’un juste milieu entre l’élaboration trop grande et le dépouillement total devrait contribuer à nous faire apprécier la proposition de design de l’interface de Booktype comme étant appropriée, et nous inspirer confiance. En somme, le fait de ne pas être très complexe comme interface constitue plutôt un avantage qui plaide en faveur de l'adoption de Booktype comme véhicule pour plusieurs types de publications, des plus savantes aux plus simples.

 Conclusion :

Je le répète, l’accusation de manque de nouveauté pèche par excès de formalisme.

De manière plus générale, le second argument contre cette première accusation (d’être trop conventionnel quant à son design) serait de répondre par une autre perspective normative : à savoir qu’il vaut mieux viser la satisfaction des besoins essentiels des utilisateurs lambda, que de viser à combler les aspirations des individus d’exception.

Bref, le fait de ne pas être très complexe comme interface constitue plutôt un avantage.

1. b) L’important ce n’est pas de multiplier les fonctions mais de permettre l’éclosion du bon

On n’échappe pas à la finitude (il faut trouver une façon sensible et sensée de l’assumer).

On commence aussi à percevoir que le mieux est dans certains cas l’ennemi du bien. Il faut tenir compte des attentes des personnes qui sont appelées à utiliser le logiciel d’édition. Elles voudront parvenir rapidement à des résultats tangibles et ne se priveront pas pour remettre leur ouvrage sur le métier si elles ne sont pas satisfaites du résultat. Mais elles le feront en rapport avec des besoins de clarification ou de précision exprimés par leurs voisins et leurs contemporains.
On le reverra, il est parfois mieux que soit laissé libre la réaction de la personne qui prendre conscience de ce qui se produit avec ses contributions à la constitution de communs par cet outil.

Réponse à l’accusation de limitation fonctionnelle (ou de fonctions limitées)

Le fait que les possibilités de production de contenu dynamique sont limitées avec Booktype ne doit pas être retenu comme une objection majeure contre l’adoption de cette solution pour une communauté de pratiques telle que celle du B7.
Le fait qu'il permette l'exportation vers plusieurs formats facilite la transition vers différentes plateformes de diffusion, y compris Amazon. Mais il faut ensuite voir comment le livre rend dans les différents environnements de consultation, sur les divers appareils permettant la lecture de livres numériques1.

Or, le livre numérique, sous ces formes transitoires, aide à faire revivre une certaine forme de lecture au long souffle. On doit respecter l’apparition de formes de littérature qui s’inspirent de nos pratiques sur Twitter.
La langue courante se trouve transformée par des gestualités qui sont associées à des médias sociaux.

L’inventivité de la langue prouve que l’imagination populaire est inépuisable.

Mais le livre numérique est important car il a la même souplesse qu’un blogue ou un site web. En plus, il est d’emblée portatif... Et si on en respecte les spécifications et les recommandations, il est susceptible de devenir plus pérenne que ceux-ci. 

  Résumé des réponses au reproche de fonctions limitées  
     
 

Booktype répond adéquatement aux besoins importants:

Il conjugue logiciel de co-édition et réseau social

Il est stable et évolue grâce à une communauté de développeurs

Il peut être intégré à une boite à outils plus vaste pour pallier à ses limites

 
     

Réponses telles que présentées dans la diapo de la présentation en vue du colloque ÉCRiDiL 2018 

Conclusion

Résumé des réponses au reproche de fonctions limitées (voir tableau ci-haut)

Booktype répond adéquatement aux besoins importants:
  • Il conjugue logiciel de co-édition et réseau social
  • Il est stable et évolue grâce à une communauté de développeurs
  • Il peut être intégré à une boite à outils plus vaste pour pallier à ses limites

Lien avec la réponse sur le design trop peu innovant

Certes, les fonctionnalités de l'écran d'édition de Booktype ne comprennent pas la création de formulaires par exemple, alors que ceux-ci sont autorisés dans les livrels au format ePub 3 et sont monnaie courante dans les PDF. Pourtant, le relatif dépouillement de l'interface d'édition de chapitres de Booktype est le signe que ce qui est souhaité est de laisser aux coordonnateurs des projets d'édition le soin de déterminer quand et comment des éléments interactifs devraient être intégrés à la réalisation de l'ouvrage. Et si on veut faire quelque chose, on peut y arriver. Cependant, le véritable «défi du design», c'est de savoir pourquoi on le fait. Ce n'est pas tant d'offrir toutes les fonctionnalités possibles et imaginables. En mettant de l'avant des options moins essentielles, on risque de distraire les co-créateurs de l'objectif poursuivi.

2. Réponse à l’objection de faiblesse sémantique

2. a) Booktype a bien pris le virage sémantique

Réponse à l’accusation d’avoir manqué le virage sémantique …

i – L’important c’est de rendre disponibles des connaissances utilisables

On peut informer convenablement les éléments de contenu et le document en entier avec Booktype tel qu’il est et au besoin on peut le configurer pour qu’il permette un balisage plus poussé.

1. La priorité c’est de respecter l’esprit du web sémantique

Les concepteurs de Booktype, ayant à coeur l’indépendance journalistique, ont voulu mettre sur pied une plateforme robuste, qui puisse accueillir les contributions de multiples rédacteurs tout en facilitant la gestion du processus éditorial. Ils ont configuré l’environnement de travail pour qu’il soit facile de s’y retrouver, qu’il soit assez intuitif à utiliser et modifiable au besoin avec l’aide de développeurs puisque c’est un logiciel libre. Le premier souhait des journalistes est de communiquer des contenus que tout le monde puisse comprendre. Ceux-ci sont généralement ancrés dans le présent et sont formulés dans la langue des destinataires. C’est pourquoi la plateforme est véritablement multilingue, et la première métadonnée, c’est la langue dans laquelle on choisit de travailler de de publier les ouvrages.
De ce point de vue, Sourcefabric a bien respecté, avec Booktype, l’esprit de la culture du libre, qui comprend l’adoption de bonnes pratiques en matière de balisage des contenus, pour qu’ils soient repérables. Et les métadonnées peuvent être assignées au document global sur lequel on travaille, mais aussi aux chapitres dans la mesure où ils peuvent être qualifiés en fonction de leur état, et assignés à une personne qui en a la responsabilité. Bref, en respectant les valeurs qui sous-tendent la culture du libre à travers son engagement à offrir une alternative à Google Docs, Booktype a déjà franchit le pas le plus important pour tenir compte des objectifs qui font que le web sémantique est souhaitable.
Les valeurs de la culture du libre, outre le partage des connaissances, incluent la mise à disposition des populations traditionnellement exclues du processus de constitution des connaissances, d’outils leur permettant de participer activement à l’élaboration de celles-ci.

  • La documentation des pratiques leur donne du sens
  • La population participe à l’élaboration de ces savoirs
  • De toutes façons les auteurs doivent apprendre à bien qualifier les éléments de connaissance qu’ils incluent dans leurs textes
ii. La plateforme permet bien d’attribuer les métadonnées les plus courantes, et plus encore!

1. Booktype permet d’intégrer de nombreuses métadonnées

  • Métadonnées Dublin Core de base (description, s-titre)

  • Métadonnées supplémentaires (couverture, etc.)

  • Propriétés avancées des images et des tableaux incluent l’identifiant (qui va servir d’ancre #), le résumé, le code de la langue.

On peut aussi intervenir directement dans le code HTML pour ajouter les classes des éléments, ou les identifiants requis directement dans le code HTML
C’est également possible d’ajouter des indications supplémentaires dans le texte ou sous forme de notes …
Bref, comme l’indique le titre de ce premier point Booktype prévoit déjà l’intégration de métadonnées. Mais la priorité c’est de respecter l’esprit du web sémantique. Or celle-ci me semble être la mise en place des conditions qui favorisent l’accès aux connaissances pour tous.
Et justement, Booktype vise la production de connaissances partageables, que ce soit sous la forme de livrels sans DRM (prévoyant les licences libres) ou sous la forme de fichier PDF pour les faire imprimer, auquel cas les métadonnées doivent apparaître dans le contenu. De toutes façons c’est toujours possible de les rendre visibles.

Référence au Book sprint prévu pour documneter le colloque ÉCRiDiL  C’est ce que nous allons faire avec les fiche synthèse pour le Booksprint en ajoutant des dièses pour souligner les fagments méritant d’être associés à un index des notions qui formera la carte pour naviguer dans les contenus.Le fait de devoir naviguer à travers une plateforme «habitée» (par d’autres utilisateurs) pour accéder au contenu contribue à procurer un contexte et à organiser sémantiquement le contenu.

2 – La nécessité de coordonner les interventions au sein de la plateforme conduit les utilisateurs à se doter de codes qui forment un méta-discours.

Déjà, l’art de naviguer dans l’espace collaboratif constitue une sorte de mise en évidence du sens par la présentation du contexte pragmatique à l’aune duquel les propos communiqués doivent être interprétés.

iii - Le raffinement du balisage peut se préparer en amont et se poursuivre par la suite

Ce n’est pas un mal de ne pas fournir toutes les fonctionnalités pour produire des contenus balisés : cela force les utilisateurs à se préoccuper de cet aspect en amont pour s’épargner du travail en aval.

En prévoyant les fonctions et la charte graphique et de charte éditoriale en même temps qu'on planifie l'écriture de l'ouvrage, chacun peut apprendre à penser comment appliquer tel nom de classe et identifiant à tel élément.

Conclusion : Si on veut en intégrer davantage, «7 à Nous» de le faire ;)

Comme on vient de le voir, peut déjà informer convenablement les éléments de contenu et le document en entier avec Booktype tel qu’il est. ùEt, au besoin, on peut le configurer pour qu’il permette un balisage plus poussé. La critique se retourne donc en compliment : cela fait partie des avantages de Booktype de nous mener à tenir compte de l’importance de nous préparer à qualifier l’écriture du contenu en respectant certains principes (constance, cohérence, conscience...).

2. b) Réponse à l'accusation de n'avoir pas grand sens

i. Le mise en commun des connaissances requiert une concertation plus en profondeur

Résumé de la réplique : « bien au contraire »

Le premier argument consistait à fustiger le logiciel de co-édition, sous prétexte qu’il ne serait pas adapté au contexte, en lui reprochant de ne pas permettre de produire des livres applications qui seraient vraiment interactifs par exemple… ou de ne pas permettre de concevoir des manuels techniques qui seraient lisibles à travers des lunettes Google Glass, bénéficiant ainsi des avantages de la réalité augmentée.

Pour ramener l’argument à de justes proportions, admettons que le reproche qui est fait à Booktype est de générer des livrels qui n’apportent pas le sentiment de participer à la culture numérique, puisqu’ils ne nécessitent pas d’être connectés pour être lus. Booktype aurait donc le tort de nous offrir la possibilité de réaliser des livrels qui sont lisibles hors ligne. Du coup, ils s’apparentent davantage à des livres papier qu’à des livres numériques… De plus disait-on, « le problème avec Booktype est qu’on ne peut pas travailler avec en mode hors connexion ». Passons sur le fait qu’il y a là une forme de contradiction, et essayons de comprendre quelle est la signification de ce regret qu’il ne soit pas nécessaire d’être connecté pour lire les livrels réalisés avec Booktype.

Les moments de déconnexion peuvent être féconds en significations

L’objection consiste ici à dire que cela n’aurait guère de sens d’investir du temps dans l’apprentissage de la co-édition avec Booktype : «si nous sommes entrés dans l'ère de l'internet des objets, on peut se demander si les livres non connectés ont encore un sens?»

Concession:
l’importance de la reconnexion

Certes, idéalement pour qu’il y ait un sens à faire des livres qui sont évolutifs (des work in process), il serait important qu'ils puissent être reconnectés par la suite.

Ce qui suppose qu'une image de leur état avant la déconnexion ait été prise pour qu'on puisse reconnaître les changements apportés de plus, si le lecteur les a annotés, voire modifiés.

C'est pourquoi je trouve important que l'on tienne compte des possibilités amenées par l'existence des plateformes comme Git pour constituer des versions de livres qui pourront se recouper avec d'autres pour revenir vers le tronc central après des modifications ou donner lieu à leurs propres branches.

Comme nous le disions en conclusion de l’objection, cela suppose que l'on considère les livres comme des documents vivants.

Néanmoins, les moments de déconnexion peuvent être féconds (en significations, mais aussi en sentiment de vivre)...

iii. La culture du commentaire ne requiert pas l’immédiateté, au contraire!

Réponse à l'argument selon lequel : « La collaboration ne se fait pas en "temps réel"»

Tout comme ce n'était pas un mal de ne pas fournir toutes les fonctionnalités pour produire des contenus balisés, ce n'est pas mauvais que les personnes qui collaborent sur un projet doivent d'abord s'entendre sur la façon dont elles vont collaborer.

D'ailleurs,quand on travail avec Booktype on peut être connecté en même temps et alors c'est sans doute très réactif, même si je n'ai pas eu la chance de beaucoup l'utiliser. On peut aussi travailler successivement ou avec des périodes de temps qui se chevauchent. L'attaque ciblait donc les ePub qui sont le résultat, dans la mesure où il est espéré que des modifications y soient faites par après. Mais s'il est possible de les réimporter ensuite, c'est tout de même bien. En espérant que les raffinements ajoutés seront conservés.

Conclusion

Concernant le manque de prévision du balisage sémantique, il importe de considérer que tout balisage sémantique doit faire l’objet d’une préparation et que cela peut permettre de pallier au fait qu’il n’est pas prévu ici de manière explicite. On peut s’appuyer sur certaines propriétés du logiciel généré pour mettre en place les mesures qui permettront de pallier à ce manque. Quant au fait que ce n’aurait pas de sens de faire des changements sans la connexion permettant qu’ils soient pris en compte en temps réel, il faut y voir encore une fois un faux argument dans la mesure où il doit y avoir une convention qui régit le moment opportun pour tenir compte des modifications apportées par les collaborateurs, pour que ceux-ci soient aidés et non dérangés dans leur travail.

3. Réponses à la troisième série d’objections

3. a) L’intransigeance dans l’évaluation des mérites d’une solution risque de conduire à l’inaction

Réponse à l’objection du faible potentiel d’émancipation des GAFAM  (car pas vraie alternative)

Réponse à l’argument de fausse alternative. D’abord, le fait qu’il y ait différents formats de livres numériques est présenté ici comme s’il posait problème, car cela nuirait à la possibilité de mettre sur pied une alternative. Mais c’eût été pire s’il n’y avait pas eu la norme ePub. La lecture ne s’est jamais mieux portée que depuis que le format ePub existe. Et c’est une des pratiques les moins surveillées.

On pourrait le prouver.

Mais cet argument suppose qu’il ne faudrait rien tenter tant qu’on ne s’est pas entendu pour mettre sur pied une puissance de constitution d’un réseau centralisé susceptible d’acquérir une influence suffisante pour faire une différence dans les échanges internationaux.

Concession

Le mérite de cette objection est de mettre le doigt sur le fait qu’il faudrait se saisir de cette opportunité (le besoin de mettre en place une infrastructure pour l’édition collaborative au sein d’une communauté située dans un certain territoire) pour choisir quelle voie on adopter : soit on crée une instance plus concentrée avec une organisation responsable de gérer l’ensemble des contributions via Booktype pour effectuer des rapprochements, permettre des effets de synergie etc. … ou alors, on mise sur l’autonomie radicale des individus et on permet une décentralisation totale des pratiques collaboratives en faisant passer celles-ci par des l’utilisation de réseaux informels utilisant le P2P.

Conclusion

Ce n’est pas parce que Booktype ne s’affranchit pas de l’internet que le choix d’utiliser ce système plutôt que celui de Google Docs ne constitue pas un pas dans la bonne direction.

Transition vers la réponse à l’accusation de mauvais compromis

Cette objection revient à une critique de la capacité révolutionnaire de Booktype (manque d'innovation). Le logiciel ayant recours au ePub mais aussi au PDF (une norme de facto mais un format qui appartient tout de même à Adobe) et à mobi, une version privative (le format de livres numériques de base produit par Amazon, qui ne peut être lu que sur Kindle) de l’ePub, ne serait pas assez visionnaire pour fournir une solution alternative aux réseaux sociaux, à la lecture en streaming de nouvelles générées par des algorithmes en fonction de nos profils et préférences implicites.

3. b) L’existence de cette solution intermédiaire entre le livre application et la numérisation du livre papier permet un métissage des pratiques pour construire des Communs, qui relfète la diversité des manières... de nous dire !

Réponse au reproche de mauvais compromis

Je trouve ici que la critique est plutôt injuste. Car on ne peut pas s’attendre à ce qu’une application soit la solution de remplacement aux monopoles de Google et demander pour ce faire qu’elle centralise toutes les informations au lieu de se dissiper en se dispersant, ou qu’elle emprunte la voie des transferts par torrents, pour éviter de requérir une telle centralisation. C’est là avouer qu’on ne sait pas ce qu’on veut, et admettre qu’il n’est pas de solution simple à des problèmes aussi complexes.

Et cette réplique nous conduit vers la réponse, à nouveau, à la deuxième objection de cette troisième série, celle de mauvais compromis.

On reprochait à Booktype, rappelez-vous, de représenter une solution mitigée pour faire entrer le livre dans l’ère numérique. N’osant pas complètement se défaire des attributs qui font un livre imprimé, les livrels au format ePub n’arrivent pas à tirer pleinement profit des possibilités technologiques du web. Et Booktype incarnerait bien cette ambivalence des technologies d’édition numérique, qui semblent embrasser timidement la révolution médiatique en cous.

Or, nous commençons à comprendre que cette ambiguïté du livre numérique au format ePub est aussi une des forces des plateformes qui tiennent compte de l’existence de cette solution intermédiaire entre le livre application et la numérisation du livre papier. On ne sort pas du livre mais on amène tout de même le livre ailleurs. Et, sur cette route, le livre croise d’autres types de discours et formes d’expression.

Cela permet un métissage des pratiques et une hybridation des approches pour construire des Communs qui reflètent la réelle diversité des rapports que nous pouvons entretenir face (ou relativement à) nos contenus, sachant que c’est toujours une question délicate que de construire une manière de nous dire. Car, comme le dit l'adage : « Traduttore, traditore » !

Conclusion aux réponses au troisième couple d’objections

Booktype n’est pas synonyme de Mankind, Mais c’est un genre de livre.
Et cela est bon à lire.
À partir de là, à nous de réfléchir et de nous entendre sur ce que nous voulons et pouvons faire afin de transformer la situation.
À mon avis, le fait de nous être concertés pour écrire quelque chose ensemble afin que d’autres puissent s’en emparer pour le porter dans une autre direction ç’aura déjà été un acte porteur d’évolution. Microtext écrit d’ailleurs, qu’ils peuvent utiliser Booktype pour créer des livres collaborativement.
Ce sont des livres publiés au format papier (comme ceux de Books on Demand), mais le fait qu’ils aient été écrits collaborativement constitue une différence fondamentale.

Conclusion aux réponses

Remarque (l’ePub est là pour rester et il continuera de grandir dans nos habitudes)

L

Que M. Nourry le veuille ou non l’autopublication représente déjà plus de la moitié de tout ce qui est publié dans le monde chaque année en format numérique. Et cette proportion est continuera inéluctablement à croître dans l’avenir, quoi qu’il en soit des apologies du papier, y compris pour sa solidité.

Pour l’instant le succès des livres numériques est sous-estimé car on ne prend pas en compte dans les statistiques tout ce qui est issu de l’auto-publication justement. Or c’était le cas pour 50 Shades of grey qui fut un des succès littéraires de la dernière décennie, comme chacun le sait...

  1. Et cela va de l'iPad au navigateur Firefox sur votre ordinateur portable (grâce au plug-in EPUBReader) en passant par les différents modèles de liseues électroniques, de tablettes et de téléphones dits «intelligents», sans oublier les écrans de téléviseur connectés, pour ceux qui aimeraient profiter des dimensions multimédia des livres numériques, comme les vidéos intégrés, en cinérama. ^

Il y a une erreur de communication avec le serveur Booktype. Nous ne savons pas actuellement où est le problème.

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