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La co-édition grâce à Booktype au B7 : mise à l’épreuve du livre numérique

Trois types de projets de co-édition

Les trois types de projets de co-écriture / co-édition

1. Écriture de vade mecum pour utilisateurs des équipements collectifs

Premièrement cela pourra servir pour constituer des manuels techniques ou des guides pratiques pour que les utilisateurs ponctuels ou de soutien des ateliers collaboratifs puissent s’organiser de manière plus autonome pour atteindre leurs objectifs lorsqu’ils loueront du temps dans ces espaces.

Dans la mesure où des manuels existent pour ces équipements, on pourra s’en inspirer pour la rédaction de ces guides techniques. Parfois, ce pourra être l’occasion de traduire les procédures existant en anglais.

Et s’il faut adapter les instructions pour l’utilisation de ces instruments dans le but de réaliser telles opérations de transformation de matériaux, ou autres actions techniques, afin de mieux refléter les manipulations à effectuer en fonction du modèle de machine ou des mèches dont nous disposons pour une perceuse par exemple, on pourra faire nos propres photographies et nommer les mèches selon leur nomenclature, et illustrer les étapes pour effectuer cette procédure.

J’ai trouvé certains services qui accompagnent pour la création de manuels ou de guides, comme Guidebook. Mais rien qui supplante ce que Booktype a à offrir. Le meilleur rival est peut-être les moteurs de wikis, comme Yes wiki. Mais cela fait un langage de balisage de plus à apprendre. D’ailleurs les deux peuvent être complémentaires. Un wiki peut-être mieux adapté comme base de connaissances. Un livrel au format ePub convient sans doute mieux comme manuel car on peut l’avoir à côté de soi sur une liseuse, qui est un appareil moins dispendieux qu’une tablette. La version papier pose problème si elle n’est pas prévue dès le départ. Le ministère de l’éducation propose un guide pour les compagnons participant à la formation des apprentis techniciens en impression numérique. Un tel guide peut nous fournir une illustration de types de contenus et de considérations qui devraient être documentés dans le cadre de l’atelier d’impression numérique du B7, intitulé La concierge est dans l’escalier. Des questions relevant de l’éthique de l’enseignement y sont abordées. Ainsi l’apprenti doit demeurer maître de son apprentissage. Mais le compagnon doit veiller à la prévention des risques. Des conseils comme celui-ci apparaissent : «La prévention commence dans la préparation du travail et se poursuit tout au long de sa réalisation1. » La visée dépasse l’acquisition des compétences techniques et inclut le développement de qualités à différents plans : personnel, interpersonnel, professionnel, éthique professionnelle. Au niveau des contenus couverts par le guide du compagnon, on retrouve des nombreux éléments regroupés en trois classes :

  • principes généraux

  • environnement matériel et logiciel

  • production

Mais on s’intéresse aussi à la pédagogie ce qui suppose que l’on tienne compte de la progression de l’apprentissage et de la démarche d’évaluation.

Pour ce qui est de l’organisation des étapes de l’enseignement, on propose d’y aller par modules.
Module 1. La préparation du projet d’impression.

On doit tenir compte de critères comme la cohérence avec entre autres la compatibilité des éléments du projet, ce qui peut inclure la prise en compte la situation de l’apprenti du point de vue du plan de formation qu’il ou elle suit.

Certaines techniques intègrent des techniques de base.

On décompose les apprentissages en compétences.

Compétence 1 : être capable de préparer le projet d’impression.

Ce qui suppose évidemment de savoir planifier la réalisation du projet.

On se doute bien que certaines compétences acquises dans le cadre d’un atelier collaboratif pourraient être transposables pour les autres ateliers.

Éventuellement, on apprend à préparer des pojets complexes (Module 4).

illustration du principe de préparation d'un projet complexe d'impression numériquePrécisions sur les éléments de la compétence du module 4. Préparer un projet complexe, p. 88 du guide pour les compagnons chargés de former des techniciens en impression numérique

Voilà, il y a des tableaux, des listes, des encadrés, des schémas, des grilles et des paragraphes de texte, avec des éléments mis en gras. Mais éventuellement, il faut pouvoir décliner les étapes d’une tâche de manière linéaire et le défi consiste à bien les réaliser.
À ce niveau un bon guide technique doit pouvoir nous y aider mais ne peut remplacer le compagnon expérimenté.
C’est pourquoi compagnon et apprenti devraient collaborer à la rédaction d’un bon guide pratique.

1Guide du compagnon ou de la compagne, Technicien ou technicienne en impression numérique, Programme d’apprentissage enmilieu de travail, EQ-5105-01 (12-2012), p. 22. http://www.emploiquebec.gouv.qc.ca/fileadmin/fichiers/pdf/Guide-qualif/impression_numerique_compagnon.pdf

2. Écriture de l’histoire de ces projets

Éventuellement, les différents participants à des projets de tel atelier collaboratif pourront s’asseoir pour écrire le récit de leur première année de vie, et on pourra mettre en commun les récits de chacun des ateliers pour produire le récit des ateliers collaboratifs du B7 – An 1.
Le fait qu’on parle ici des ateliers collaboratifs ne veut pas dire que les autres groupes et acteurs de la fabrique d’autonomie collective qu’aspire à devenir le B7 ne pourront pas communiquer leur expérience sous la forme d’un récit. Et nous verrons au prochain point que ce pourrait être pertinent de prévoir une version de l’histoire qui est organisée pour en dégager des apprentissages qui pourraient être pertinents pour d’autres groupes comme pour la communauté du B7 elle-même. Mais déjà, pour l’ensemble des occupants présents actuellement, cela pourra être intéressant en soi de partager leur histoire d’une manière qui est plus littéraire ou ludique.

Et je prétends qu’en utilisant une plateforme de co-édition comme Booktype, cela permettra aux groupes occupants, aux ateliers collaboratifs comme aux espaces locatifs, ainsiqu’au collectif 7 à Nous lui-même et aux différents cercles qui se mettront en place de documenter le récit de la formation de cette communauté de pratique permettant la revitalisation d’un quartier et la dynsamisation de la population appauvrie de Pointe-Saint-Charles. On aura le témoignage des acteurs de l’intérieur. Bien entendu il faudra qu’ils trouvent le temps de s’arrêter pour apporter des contributions à l’écriture – collaborative (en co-édition grâce à Booktype) de cette histoire.

D’ailleurs il sera important de songer ce faisant au méta-récit de l’apport de cette lutte à l’écriture de la Grande histoire de l’innovation sociale elle-même.

Le potentiel de story-telling dans cet espace

Une des dimensions de ce projet qui est intéressante est la diversité des acteurs impliqués. D’un certain point de vue cela se prête bien à la publication de chacune des histoires séparément, ce qui constitue une collection.
D’un autre point de vue, ce qui semble plus en phase avec les avantages du numérique, ce serait dans l’imbrication des épisodes touchant les différents groupes que se trouverait la valeur de ce récit d’une aventure collective.
Mais pour illustrer la pertinence de ce deuxième type de projets de co-édition, je vais exprimer la profondeur du parcours de quatre des projets qui font partie du cercle des occupants de la phase 1.

L’École d’art de Pointe-Saint-Charles

L’École d’art de Pointe-Saint-Charles c’est Barry, Catherine, Elisabeth et bien d’autres. Ils avaient déjà pignon sur rue au coin de Coleraine et Hibernia. Et ils ont estimé que l’heure était venue pour eux d’effectuer ce mouvement vers un espace plus grand leur permettant des collaborations avec des artistes utilisant le Grand atelier voisin, qu’ils pourront eux-mêmes utiliser pour donner des classes à de plus grands groupes. 

Ils donnent des cours de portrait, de papier mâché, d’initiation à la peinture pour les enfants, et d’autres formes d’expression artistique à travers les arts visuels.

La Coop La Coulée

La Coop La Coulée ce sont des jeunes qui veulent faire de la sculpture d’art ayant recours à des techniques de fonte dans des moules en céramique ou à la cire perdue. Marie-Claude, Eva et les autres ont une vision de ce que leur atelier peut apporter et elles comptent offrir des formations pour initier les personnes qui le souhaitent à ces pratiques. L’investissement requis de leur part est important et la Coop La Coulée devra payer un loyer, tout comme le bistrot Les Sans Taverne et l’épicerie Le Détour. Mais vue la vocation sociale de celle-ci, elle aura à payer un loyer moins cher.

Press Start

Une autre coop, qui est particulièrement intéressante à suivre, c’est Press Start. Une maison de jeune, initiée par des adolescents qui voulaient se doter d’un espace par et pour les jeunes où ils pourraient avoir des arcades qu’ils créeraient eux-mêmes à partir de matériaux recyclés, et ils feraient d’autres objets selon le principe du up-cycling qu’ils pourraient vendre. Là encore c’est toute une série d’étapes qu’ils ont dû franchir, y compris des soirées de financement, où ils ont donné des spectacles de musique à la Maison Saint-Colomba House, où ils sont soutenus par des animateurs, Aki et Michelle, qui les accompagnent dans cette démarche et qui les ont représentés lors des réunions du COP1 depuis mai 2017.
Jusqu’à présent nous avons vu deux groupes qui viennent du quartier et un qui vient de plus loin.
Le dernier exemple nous sera fourni par un projet qui était voisin de Pointe-Saint-Charles.

La Concierge est dans l’Escalier (impression numérique)…

Il s’agit du projet d’atelier d’impression numérique, porté par La Concierge est dans l’escalier, qui était établi à Saint-Henri, un autre quartier anciennement ouvrier du Sud-Ouest de Montréal. Porté par Réal Capuano et Guillaume en particulier, il permet de rêver d’enseigner à des jeunes des techniques d’impression pouvant rapporter de l’argent, sans qu’il en compte pour le maintien des appareils en bon état de marche car ce sont des équipements qui peuvent durer très longtemps. Ainsi c’est dans l’esprit des équipements collectifs que la Concierge déménage ses pénates au sud du Canal de Lachine. Réal est aussi un visionnaire qui a tout un parcours et il mise sur ce leg à la jeunesse pour pouvoir vivre un rêve de transmission et de création de communs qui permettront à des jeunes de se former pour avoir un métier qui leur permettra de gagner leur vie.
Dans leur cas, il est évident que l’idée de créer des manuels techniques n’est pas saugrenue. Car même s’il existe des guides pour l’utilisation des machines, et des livres sur l’art de l’impression numérique, il faudra bien produire du matériel didactique pour les personnes qui suivront des formations. Le guide pour les compagnons peut servir d’appui, et les manuels existants fournir une bonne source d’inspiration. Mais ce sera en créant des parcours d’apprentissage adaptés aux publics visés par ces formations qu’on pourra constituer un bassin d’utilisateurs de soutien qui deviendront éventuellement des utilisateurs responsables et qui pourront même un jour voler de leurs propres ailes. À long terme, c’est cela l’objectif. Entre temps, de nombreuses belles histoires humaines s’écriront. Pourquoi ne pas leur donner la forme de livres numériques.

3. Partage des apprentissages tirés de ces expériences

Le fait d’écrire ce récit n’est pas uniquement une activité littéraire, même si la dimension humaine des situations vécues est au centre de la valeur de cet exercice puisque c’est la traversée de ces épreuves qui est l’élément le plus instructif de l’engagement sur une telle voie d’émancipation.

Ce qui est aussi impliqué dans la formulation des écueils rencontrés et l’exposition des solutions imaginées, c’est la communication de résultats d’expérimentations qui ont valeur scientifique. En effet, il s’agit ici d’un laboratoire vivant ayant pour objet la constitution de communautés de pratiques et la co-gestion d’un milieu d’existence visant l’accroissement de l’autonomie d’une collectivité. Pour comprendre les dynamiques qui ont une influence sur les projets qu’on peut réaliser au sein d’un tel écosystème, il est indispensable de produire une connaissance des contextes interpersonnels et d’éclairer les obstacles surmontés par le partage des circonstances particulières qui ont pu contribuer à la complexité de ces défis. Et c’est aussi une proposition politique relativement inédite, qui a le potentiel de montrer la voie vers un modèle alternatif de développement social et économique. De sorte qu’en documentant les processus mis en œuvre dans ce contexte particulier, on peut fournir des bases empiriques pour justifier (et donc des arguments «rationnels» pour défendre) le projet altermondialiste ou tout simplement humaniste de fonder la société sur autre chose que la course effrénée à la maximisation des profits. Le B7 constitue donc un banc d’essai pour les mouvements militants qui plaident pour un remplacement de l’économie de marché par une forme plus solidaire de gestion des ressources et de gouvernement, ce qui rend encore plus nécessaire de mettre à la disposition des acteurs de cette communauté des moyens pour objectiver les situations qu’ils vivent afin de comprendre les facteurs qui les freinent dans leur avancée et de découvrir des pistes de solution pour poursuivre leur évolution, malgré les obstacles qui ne manqueront pas de se présenter sur leur chemin.

On pourrait dire que la phase 1 du B7, c’est un beau «terrain», comme disent les anthropologues, pour faire l’étude des principes de l’innovation sociale, notamment du point de vue de la formation de communautés auto-gérées. Et c’est ce qu’une équipe de l’Université Concordia, associé au CERN (Community Economies Research Network1) et menée par Anna Kruzinski (elle-membre actif du B7 et co-responsable du comité Démocratie), va tenter de faire avec le cercle Démocratie en étudiant plus précisément le modèle d’intégration de nouveaux participants par la Maison de jeunes/coop Press Start.

Si je parviens à amener cette suggestion de manière intelligente et sensible, ce sera dans le contexte du sous-cercle Documentation (en gestation), vraisemblablement attaché au cercle Démocratie, que l’implantation de Booktype se fera comme outil de mise en valeur des pratiques innovantes et collaboratives au B7.

Conclusion sur les trois types de projets

Et je suis confiant que l’utilisation de Booktype pour réaliser des projets des trois types que nous venons d’évoquer fera à son tour un jour l’objet d’une publication qui se voudra à la fois instructive, divertissante et éclairante sur les conditions mêmes qui ont permis le succès de ces projets.
J’irais même jusqu’à dire qu’il ne faudrait pas s’étonner non plus si le fait d’avoir pu compter sur un outil de co-édition comme Booktype devait être identifié, avec le recul, comme un des catalyseurs qui auront favorisé la réussite de l’ensemble de l’organisation d’un modèle alternatif de développement en cet espace démocratiquement gouverné suivant les principes de la sociocratie ou de l’holocratie (avec deux antennes des sous-cercle qui assistent aux délibérations des cercles auxquelles elles sont attachées, dont l’une se présente du point de vue des intérêts de l’ensemble et l’autre adopte la perspective des intérêts du groupe particulier).

1Pour en savoir plus sur le CERN, rendez-vous ici : http://www.communityeconomies.org/ce-research-network-cern On verra que leurs démarches de recherche-action sont inspirées notamment par les travaux de K. J. Gibson-Graham, et notamment de Take back the Economy, qu’elle a co-écrit avec Jenny Cameron, and Stephen Healy. Voir le site du livre visant à accompagner la lecture d’outils d’intervention : http://takebackeconomy.net/ Pour voir les objectifs du groupe de recherche québécois, dont le deuxième est de documenter des pratiques en milieu autochtone : http://www.economiesdecommunaute.org/ (économies de communauté). Voir le vidéo de la conférence de clôture de Beyond Capitalism / Sortir du capitalisme (Colloque de 2016) https://youtu.be/o0Ghrq8VdFE par Katherine Gibson et Ethan Millar …

Transition vers le point suivant : FLOSS Manuals

Si aucune solution meilleure n’est trouvée, le sous-cercle informatique, lui aussi rattaché au cercle Démocratie, implantera le CMS Booktype sur les serveurs NAS du B7, ainsi que sur les serveurs distants hébergés au Québec, pour plus de sécurité. Mais cela ne veut pas dire que nous pourrons utiliser notre version de Booktype aussi tôt que cela serait nécessaire pour documenter la première année de vie du B7. C’est pourquoi, en attendant, il serait louable de pouvoir utiliser la plateforme française des FLOSS Manuals pour produire nos guides pratiques, nos récits de groupes et nos synthèses visant à dégager les connaissances pertinentes pouvrant être extraites de notre engagement dans divers types de projets, à différents plans. Du financement à la communication de notre mission dans les médias et auprès de la population en passant par la formation de partenariats et l’intégration des nouveaux membres, on ne manquera pas de sujets pour écrire des histoires utiles et intéressantes.

Il y a une erreur de communication avec le serveur Booktype. Nous ne savons pas actuellement où est le problème.

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