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Chapitre 6 : coopération ouverte ou fermée

, indicateurs de coopération

Auteur de la fiche : Corinne Lamarche - SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
Idées développées par l'auteur dans le domaine de la coopération dans ce livre, cette conférence :

Nous sommes "programmés" pour coopérer

Le comportement coopératif de l'homme est du, en partie, à son évolution génétique. Il est lié au degré d'apparentée et aux attentes identitaires.
Selon la théorie de l'évolution, nous aurions, au fil des siècles, développé des comportements altruistes, vis à vis de notre groupe de parentèle et d'appartenance.

Coopération fermée

L'altruisme évolue dans un groupe si celui-ci est en compétition avec d'autres groupes. Plusieurs expériences ont montré une propension à la coopération fermée au sein des groupes de parentèles et d'appartenance. L'enfant va plutôt partager avec les membres de son groupe proche et va se méfier des autres groupes. L'aspect cognitif et émotionnel jouant un rôle important (imitation, langage, croyance, imagination). L'ethnologie nous montre le fait de groupes renforçant leur solidarité face à d'autres, pour garder leurs biens matériels, voire immatériels. Dans de nombreuses langues, les terme utilisé pour le "Nous" et le "Eux" rend vraiment compte d'une distinction linguistique mais aussi comportementale entre "Son" propre groupe, et le groupe des "Autres". A travers l'histoire, et même de nos jours, nous nous affirmons en opposition par rapport aux autres; notre identité se construit en s'opposant à l'autre, et il en va de même pour les groupes. La coopération fermée renforce les liens au sein du groupe d'appartenance, permet un ancrage identitaire fort, valorise les réputations, peut se développer grâce la compétition.

Coopération ouverte

Cependant, la spécificité de l'Homo sapiens, au contraire de Néandertal, a été d'élaborer des formes de coopération de plus en plus ouvertes, à s'intégrer dans de larges réseaux. L'homme, selon les situations, a une inclination à la coopération ouverte. Nous coopérons plus facilement avec des gens qui eux-mêmes coopèrent, et en les observant, nous savons si ce sont de bons coopérateurs. Nous pourrions dire de certains comportements coopératifs qu'ils relèvent d'un "altruisme compétitif", tels que l'action de donner à des oeuvres caritatives. Cela pourrait être interprété comme une recherche de valorisation de soi, d'accroissement de la réputation pour être choisit à son tour par le groupe. Mais que dire de situation où l'individu va sauver une vie au risque de perdre sa propre vie? Il n'est pas dans une situation d'altruisme compétitif. 
Quels sont donc les facteurs qui nous poussent à coopérer au sein de la parentèle ou avec d'autres groupes plus élargis?
La coopération ouverte permet l'accueil de nouvelles personnes et donc de nouvelles connaissances, de nouveaux savoir faire, augmente son exposition au doute (condition nécessaire pour l'innovation).

Les variables pour la promotion d'une coopération ouverte

Tout d'abord quels sont les bénéfices induits par une coopération ouverte? A travers l'histoire et par expérience, il est démontré l'accumulation culturelle et l'apport d'innovation dû à des facteurs géographiques, écologiques, démographiques, linguistiques. L'ouverture aux autres, à une diversité de manières de faire et de penser, ainsi que la taille du groupe influe sur la capacité d'adaptation et à une certaine stabilité politique.
Trois autres variables sont importantes pour comprendre "les bases évolutionnaires de la coopération humaine et de la manière dont celles-ci sont culturellement modulées":
  • Les sanctions. Elles auront un effet positif si il existe, conjointement, des normes prosociales puissantes, une légitimité des acteurs et la confiance dans les dispositifs institutionnels.
  • La notion d'identité collective au sens de créer du lien, de faire partie d'un "Nous"; la coopération est liée aux motivations et aux émotions sociales, et non pas à des motivations instrumentales et à un objectif utilitariste.
  • Le pouvoir politique, bien qu'il y ait des risques; c'est une affaire de choix moral et d'assumer de passer d'un "Nous" exclusif à un "Nous" inclusif, de tendre vers un processus agrégatif de toujours plus de complexité et de diversité sociales.

Coopération fermée et coopération ouverte s'expriment de manière simultanées, et chacune présentent des avantages et des inconvénients. Pour répondre aux attentes identitaires de chacun, il faudrait d'abord mettre en avant la nécessité de comportements coopératifs. "Au principe "Identifiez-vous, puis coopérez", on opposerait alors un tout autre principe "Coopérez, puis vous vous identifierez".

Présentation rapide de l'auteur de l'ouvrage : Joël Candau : Professeur au Département de Sociologie-Ethnologie de l'Université de Nice-Sophia Antipolis.

Il est membre élu au Conseil National des Universités, membre de la section "Anthropologie sociale, ethnologie et langues régionales" du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, CTHS (2006-), membre de la Société d'Ethnologie Française, membre du Comité de rédaction de la revue Le monde alpin et rhodanien, expert pour l'AERES et directeur du Laboratoire d'Anthropologie et de Sociologie "Mémoire, Identité et Cognition sociale" (LASMIC, EA 3179).
Référence bibliographique : Dussaux Maryvonne, « «Pourquoi coopérer», Terrain, n° 58, 2012 » [en ligne], Lectures (2012), disponible sur <http://lectures.revues.org/9185>, (consulté le 4 février 2014).

Indicateurs de coopération

Les éléments suivants représentent des indicateurs possibles:

  • des représentations partagées (du probleme, du projet, de l'evenement, …) et compatibles entre elles sur le plan pratique (administratif, financier, pedagogique…)
  • une synchronisation des actions: les personnes agissent avec et en fonction des autres pour que les actions arrivent à des moments opportuns
  • une bonne communication et intercompréhension: chacun des membres est capable de comprendre la logique de l'autre, son raisonnement, ses priorités et ses contraintes.
  • des anticipations réciproques: les gens d'un groupe coopératif ont acquis une grande sensibilité à la culture, aux postures, aux regards et à la hauteur de voix pour savoir si une personne est prêt ou non a recevoir une information ou a entrer en coopération
  • une organisation de travail pertinente et flexible: le groupe est capable de faire évoluer son organisation par rapport au type de contexte ou de probleme à traiter en fonction des situations, priorités, evènements
  • de la cohésion et de la solidarité: il existe une relation d'entraide entre les génération ou entre des personnes poddédant des niveaux ou genre d'expertise différents
  • une acceptation et une gestion des conflits à des moments opportuns: lorsque le groupe est confronté à des conflits ou à des divergences de vues, il sait se donner des priorités.
  • une conscience des détails importants: ne prise en compte des détails qui pourraient avoir un effet sur la coopération et la susciter ou, à l'inverse, la faire échouer
  • des mécanismes de retrospective: une analyse de la façon dont le groupe s'y est pris pour résoudre le problème afin d'améliorer sa coopération lorsque le même type de probleme se présentera
  • une lucidité et un sentiment d' "efficacité collective" afin que le groupe ait confiance en l'utilisation de ses ressources pour atteindre ses objectifs.

Comment savoir si un groupe coopére bien ?

D'après Guy le Boterf:

Une bonne coopération nécessite conditions à remplir autour de 3 poles:

  • savoir coopérer: implique une formation mutuelle, la saisie des opportunités de coopération, une culture professionnelle partagée, des situations de formation incluant la coopération, des échange de pratiques, des connaissances et des compétences partagées, l'entrainement aux TIC, des boucles d'apprentissage, ou des moments de régulation et la conception commune des outils.
  • pouvoir coopérer: demande que soient établis le périmètre de responsabilité de l'équipe (ses pouvoirs, objectifs, moyens, missions), des indicateurs de performances collectives, des équipes (variés et complémentaires), de règles de fcontionnement, des instances de régulation, un lanage d'opération commun, un dispositif d'information, un aménagement de l'espace adéquat, la gestion du temps, la cartographie des compétences ou repertoire des expertises, des règles de mobilité, …
  • vouloir coopérer: conerne le partage des enjeux et des objetifs, les défis, la convivialité, l'etablissement d'un lien de confiance et la rémunération (en evitant la compétition)

Règle d'or: Mieux vaut une cohérence forte entre quelques mesures prises sur ces 3 poles qu'une cohérence faible entre des mesures sophistiquées ou partielles prises entre ces trois poles. Il s'agit de créer un environnement favorable pour maximiser les chances que les gens agissent avec compétence.

Source

Adapté de Guy le Boterf et cité dans le Projet 3T portfolio: Portefeuille collectif de compétences pour les équipes des l'économie sociale et solidaire contact fr: europe@itineraires.fr

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