Sites


Réaliser des manuels sous licence libre - retours d'expériences

Choix de l'outil d'édition

Si l'éditeur s'occupe de la mise en page du manuel, les auteurs n'auront pas beaucoup de lattitude sur le choix de l'outil d'édition : ce sera sans doute celui qu'utilise l'éditeur dans la mesure où ses personnels y ont été formés. Il y a évidemment des exceptions et des évolutions, mais le plus souvent les éditeurs utilisent des logiciels de PAO (publication assistée par ordinateur) propriétaires, tels que par exemple Adobe InDesign (https://www.adobe.com/fr/products/indesign.html) ou encore Xpress (http://www.quark.com/fr/Products/QuarkXPress/). Ce type de logiciel est très puissant au niveau des fonctionnalités et demande donc une maitrise technique importante (nécessitant une formation longue). Même dans ce cas, les auteurs seront sans doute amenés à envoyer à l'éditeur leurs propositions de contenus dans des fichiers créés avec des traitements de texte. En effet, grâce à des copier-coller appropriés, cela permet d'avancer de manière significative la mise en page définitive.

Certains éditeurs utilisent d'ores et déjà des solutions libres pour éditer leurs contenus. Citons par exemple le logiciel libre de PAO Scribus (https://www.scribus.net/) qui est un outil très efficace.



Par sa gestion des calques, Scribus permet des mises en page très complexes qu'il serait par exemple extrêmement difficile d'obtenir avec un simple traitement de texte.

Il existe un autre outil libre d'un autre type tout à fait intéressant, il s'agit de l'outil Scenari (https://scenari.org/co/home.html). C'est une chaine éditoriale (https://scenari.org/co/1_C_1_ChaineEditoriale.html) :

Dans une chaine éditoriale, on commence par définir logiquement le contenu (par exemple une définition sera reconnue en tant que telle, un exercice...) ce qui permet ensuite d'exporter les contenus ainsi triés avec différents attributs de formats (par exemple les définitions seront en telle taille, telle couleur...) et éventuellement sur différents supports de sortie (PDF pour l'impression, Site web...).

En ce sens, c'est très différent, a priori, des usages classiques d'un traitement de texte qui fonctionne en WYSIWYG (What You See Is What You Get) : dans un traitement de texte, en général, les auteurs ne définissent pas logiquement les parties de leur document et se contentent d'afficher ce qu'ils voient. Dans une chaine éditoriale au contraire, le contenu est séparé de sa forme (et c'est pourquoi il peut facilement avoir des formes de sorties très différentes), c'est ce qu'on appelle le WYSIWYM (What You See Is What You Mean) (https://scenari.org/co/fondforme.html).

Même si ce n'est pas une obligation, il y a de gros avantages à utiliser des logiciels libres pour créer son manuel libre. En particulier :

 

  • - Les formats et codages de ces logiciels libres sont généralement ouverts et documentés : ce ne sont pas des boites noires impénétrables. En particulier, cela garantit le fait que les sources de vos documents seront encore lisibles et exploitables même si le logiciel venait à disparaître. Cela signifie également que vous pouvez extraire de ses sources les éléments qui vous conviennent le jour où vous souhaitez changer de logiciel.
  • - Pour cette raison (et d'autres), beaucoup de ressources libres sont déjà nativement éditées avec des logiciels libres. Si on souhaite les reprendre ou les adapter, c'est plus facile de le faire (même si ce n'est pas une obligation) en utilisant le même logiciel. De façon plus générale, les ressources sont plus facilement interopérables quand elles sont issues de logiciels libres.
  • - Il existe souvent (comme pour le cas de Scenari) une grande communauté d'utilisateurs qui sont autant d'aides précieuses dans l'avancement de son projet. En plus de fournir leur propre expérience, ils peuvent mettre à disposition des modèles déjà opérationnels et ainsi faciliter beaucoup le travail.

Utiliser des outils comme Scribus ou Scenari peut s'avérer être un excellent choix. Pour autant, il existe d'autres solutions très différentes. En particulier, la solution retenue pour les 3 collections de manuels citées en préambule est d'utiliser le logiciel libre LibreOffice (https://fr.libreoffice.org/download/libreoffice-stable/).



Il s'agit d'une suite logicielle de bureautique comprenant en particulier un traitement de texte et un tableur. Pour schématiser, on peut dire que c'est l'équivalent libre de Microsoft Office. De manière tout à fait évidente, cet outil n'est pas aussi puissant (au niveau des fonctionnalités) que Scribus ou Scenari.  Par contre, il a plusieurs avantages. En particulier :

 

  • - Il nécessite peu de formation dans la mesure où les auteurs connaissent déjà en général le fonctionnement d'un traitement de texte (même si cette connaissance reste souvent superficielle et doit être complétée sur des points essentiels). De cette manière, les auteurs travaillent en terrain connu et peuvent être rapidement efficaces ;
  • - Les sources d'un manuel réalisé avec LibreOffice sont très facilement modifiables et adaptables par n'importe quel enseignant utilisateur, exactement pour les mêmes raisons. Il s'agit donc d'un très bon choix si l'on souhaite créer une ressource qui pourra servir de matière première aux enseignants.

Comment faire le choix entre ces différents types de solutions ?

On peut commencer par observer le schéma ci-dessous :

La question est effectivement de déterminer le seuil de rentabilité : à partir de quand est-il intéressant de former des auteurs à un outil plus puissant ? Cela dépend en partie du nombre total d'ouvrages que l'on souhaite réaliser. Si l'objectif est de traiter un seul manuel par an, on peut se trouver en dessous de ce seuil de rentabilité. Tout dépend des circonstances.

Dans certains cas, il n'y a pas vraiment le choix. En effet, si l'on souhaite réaliser un manuel très complexe au niveau de la mise en page, un outil comme Scribus est parfaitement adapté. Si l'on souhaite beaucoup de formats différents en sortie (manuel papier, site web...) la chaine éditoriale Scenari peut s'avérer être un bon choix. Si l'objectif est de créer un manuel libre assez standard dont la principale vocation sera d'être imprimé (avec éventuellement des compléments numériques), alors l'option LibreOffice peut tout à fait se défendre.

Si le manuel libre projeté s'inspire fortement d'un contenu libre existant utilisant telle solution, alors cela peut suffire à privilégier la solution en question, car cela occasionnera un gain de temps et d'énergie appréciable.

En résumé, il n'y a pas de solution unique universelle : il faut étudier le contexte et ne pas hésiter à réaliser quelques maquettes pour affiner son choix.

Dans la suite de ce document, nous étudierons plus particulièrement la solution utilisant le logiciel LibreOffice.

Il y a une erreur de communication avec le serveur Booktype. Nous ne savons pas actuellement où est le problème.

Vous devriez rafraîchir la page.