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Réaliser des manuels sous licence libre - retours d'expériences

Produire un PDF imprimeur

a. Les outils pour les dessins et les formules

 

Suivant les disciplines concernées, un manuel scolaire peut contenir essentiellement du texte et des images (au sens large, incluant des photographies) ou bien d'autres éléments comme des schémas ou des formules (par exemple pour les sciences en général et les mathématiques en particulier). Il est toujours possible d'insérer ces éléments en les construisant avec un autre logiciel (par exemple un logiciel de dessin, de géométrie dynamique ou un traitement de texte mathématique). Cette méthode présente plusieurs inconvénients :

  • - Une fois que l'image est insérée, il faut repasser par le logiciel d'origine pour la modifier ou l'adapter. C'est un manque de souplesse important pour le cycle de vie d'une ressource pédagogique;
  • - Corollairement, les autres équipes qui souhaiteront adapter le manuel libre auront plus de difficultés à modifier et personnaliser ces éléments.
  • - Parfois, il est difficile aussi d'obtenir des images de grande qualité. Même si les logiciels de départ sont vectoriels, la capture d'écran ou l'export sous forme d'image peuvent entrainer une pixelisation. Par ailleurs, un trop grand nombre d'images alourdit considérablement les fichiers.

Pour toutes ces raisons, il peut être très utile d'utiliser les fonctionnalités de LibreOffice qui concernent ces différents points. L'intérêt est alors de faciliter l'intégration et d'améliorer le rendu final.

 

On citera en particulier deux fonctionnalités intéressantes :

 

L'éditeur d'équation.

On accède à une formule en cliquant sur "Insertion" puis "Objet" et enfin "formule"

 

L'aide intégrée à LibreOffice permet de connaître précisément l'étendue des fonctionnalités de cet éditeur. Elles permettent de traiter correctement les formules pour les manuels scolaires dans le secondaire (pour le supérieur, le recours à des outils plus spécifiques peut être souhaitable, comme par exemple le logiciel libre LaTex1 pour les mathématiques).

Il existe par ailleurs des outils qui ont été développés pour venir s'intégrer directement à LibreOffice en offrant des fonctionnalités supplémentaires (en utilisant les "macros" du logiciel).

L'outil dmaths2 fait partie de cette catégorie.

Il permet d'éditer beaucoup plus facilement un grand nombre de formules mathématiques ainsi que quelques figures géométriques de base.

Plus généralement, il existe un grand nombre d'extensions libres de LibreOffice qui sont répertoriées par la communauté du logiciel3. C'est l'un des avantages d'utiliser un logiciel libre aussi largement utilisé : l'ouverture de son code rend possible à une communauté de développeurs l'ajoute de fonctionnalités facilement installables. Elles sont particulièrement nombreuses dans le domaine de l'éducation.

 

L'outil de dessin

On accède à cet outil en cliquant sur "fichier" puis "nouveau" et enfin "dessin"

 

Cet outil permet de construire des figures géométriques, schémas et illustrations de manière vectorielle (c'est à dire sans pixelisation). Plus généralement, il peut aussi intégrer des images ou photos qui peuvent être couplées, commentées... et enfin groupées afin d'être insérées dans le manuel.

De la même manière que pour l'éditeur d'équations, la documentation du logiciel permet de bien connaître les différentes fonctionnalités et astuces, et il existe de nombreuses extensions dédiées à tel usage particulier ou telle discipline pédagogique.

 

b. Choisir et insérer des images ou photos sous licence libre

 

Les illustrations du manuel peuvent être issues de banques de ressources libres ou être commandées directement auprès d'un graphiste, comme nous l'avons déjà évoqué.

Parfois, il faut pouvoir élargir la recherche pour trouver l'image qui correspond exactement aux besoins et à la charte graphique du manuel.

Pour cela, on peut utiliser les fonctionnalités avancées des moteurs de recherche, en particulier avec Google.

Pour cela, on clique sur "Paramètres" puis sur "Recherche avancée".

Dans le champ "Droits d'usage", on retrouve plus ou moins les différentes licences Creative Commons :

  • - Libre de droits d'usage ou de distribution
  • - Libre de droits d'usage ou de distribution, y compris à des fins commerciales
  • - Libre de droits d'usage ou de distribution ou de modification
  • - Libre de droits d'usage ou de distribution ou de modification, y compris à des fins commerciales

Cette dernière mention correspond par exemple à la licence CcbySA.

Attention ! Si cette fonctionnalité peut s'avérer fort utile, elle ne constitue en rien une garantie sur la compatibilité des licences. En effet, de nombreux sites ont des règles d'usage très spécifiques qu'il convient de lire très attentivement. En particulier, ce n'est pas parce qu'un site propose des images accessibles gratuitement que cela signifie qu'elles peuvent être insérées dans le manuel.

Parfois, il est indiqué sur ces sites que les images sont utilisables dans le cadre pédagogique de la classe. Mais cela ne garantit nullement qu'il soit possible de les utiliser pour un manuel à usage commercial.

En arrivant sur un site qui propose des images gratuitement téléchargeables, et même si on y arrive grâce à un moteur de recherche pour lequel on a spécifié un type de licence, il convient d'opérer de manière assez systématique, de la sorte :

  • - Tout d'abord vérifier si une licence Creative Commons est attachée aux images qui sont proposées. C'est le cas le plus visible et le plus simple à traiter.
  • - Si ce n'est pas le cas, se reporter aux mentions légales du site qui peuvent apparaître sous plusieurs dénominations : "Crédits", "usages et licences"... Il faut rechercher les mentions relatives à la réutilisation des images y compris éventuellement dans un cadre commercial. Faire une copie d'écran peut s'avérer alors judicieux pour attester le cas échéant de sa bonne foi.
  • - Si le site ne contient pas de rubrique avec ces mentions, ou si elles ne répondent pas clairement aux questions liées aux usages, alors il est nécessaire d'écrire au responsable du site afin d'obtenir une réponse at éventuellement une autorisation d'usage explicite (garder une copie de la réponse).
  • - En cas de réponse incomplète ou en l'absence de réponse, il est vivement conseillé de ne pas utiliser les images proposées par le site en question. En effet, en l'absence de mention, il faut considérer les images comme non libres.

 

Dans tous les cas, il est impératif de demander aux auteurs de référencer au fur et à mesure les images qu'ils souhaitent utiliser, comme par exemple ci-dessous dans le cas du manuel Netado.

 

 

 

 

Au minimum, ce référencement doit contenir l'adresse complète de téléchargement de l'image.

Il faut le faire de manière systématique et méthodique dans la mesure où il devient parfois très difficile après coup de retrouver d'où l'image provient (même si des outils peuvent nous y aider). Cette simple notification oblige également les auteurs à se poser les questions de base et éventuellement à démarrer les démarches de clarification qui peuvent parfois être longues.

En tous états de cause, cette liste de référence peut servir à établir les "crédits" du manuel en citant, souvent en fin d'ouvrage, toutes les références des images, dans le respect des licences. Cette liste permet aussi, après coup, de répondre à d'éventuelles demandes ou injonctions pour non-respect des licences ou règles d'utilisation. Elle permet à l'éditeur de faire les ultimes vérifications au besoin ; elle sert également en cas de perte ou corruption d'image lors d'une manipulation technique sur les fichiers sources, par exemple au moment de réaliser le PDF pour l'imprimeur.

 

L'insertion d'images dans LibreOffice ne pose pas de problèmes particuliers. Il convient cependant de prendre garde à deux aspects particuliers :

  • - Lorsqu'il est possible de choisir la résolution de l'image au téléchargement, il est toujours préférable de prendre la résolution la plus élevée.
  • - Si un redimensionnement de l'image s'avère nécessaire, alors il faut veiller à faire un agrandissement ou une réduction en cochant la case "conserver le ratio" afin d'éviter une déformation.

 

Il existe de nombreux logiciels libres permettant de retoucher, redimensionner ou retravailler une image, comme par exemple The Gimp (https://www.gimp.org/fr/).

De manière générale, il faut veiller, en amont, à discuter avec l'éditeur ou l'imprimeur pour définir par exemple la résolution minimale pour les images insérées dans le manuel ou toute autre indication permettant de finaliser plus aisément la mise en page de l'ouvrage.

 

c. Générer un PDF éditeur

 

Pour pouvoir délivrer le BAT (Bon à tirer) de l'ouvrage à l'imprimerie, il faut actuellement en passer presque systématiquement par le format qui est devenu le standard à ce niveau, le format PDF.

Il n'y a pas, a priori, de souci pour le passage entre le format ODT (de LibreOffice) et le format PDF pour l'impression. Ceci dit, l'imprimeur peut demander un PDF d'un certain type, respectant par exemple des contraintes particulières afin d'optimiser l'impression.

Dans tous les cas, avant tout lancement du projet, il convient de faire tester toute la chaine de production sur quelques exemples prototypiques jusqu'à créer quelques pages de test pour le PDF destiné à l'impression.

 

Dans le logiciel LibreOffice, on peut faire un export direct au format PDF. Cet export est standart et ne peut pas être paramétré. Suivant le type d'impression, il peut être suffisant. Dans ce cas, la problématique de création du PDF imprimeur se résumera en 2 étapes :

  • - générer chaque fichier au format PDF à partir de LibreOffice ;
  • - concaténer tous les pdf ainsi former à l'aide d'un logiciel, par exemple le logiciel libre PDF SAM (https://pdfsam.org/download-pdfsam-basic/). Cette étape peut être réalisée en local sur son ordinateur ou sur un ordinateur à distance (avec problèmes éventuels de confidentialité dans ce cas).

Au final, on obtient un PDF complet de qualité moyenne. En effet, LibreOffice ne permet pas de générer directement des PDF de grande qualité (contrairement à d'autres logiciels libres comme Scribus par exemple).

Si l'imprimeur est prêt à fournir un fichier de configuration pour la qualité du PDF, alors il faut passer par des outils externes. Peut-être existe-t-il des solutions libres performantes, mais parfois le logiciel est imposé par l'éditeur/imprimeur afin d'être assurée de la plus grande compatibilité possible. C'est pourquoi, lors des 3 projets présentés en préambule, le logiciel Adobe PDF Pro (https://acrobat.adobe.com/fr/fr/) (logiciel payant et non libre) a été utilisé en complément de LibreOffice.

Dans ce cas précis, le fichier est imprimé grâce à une imprimante virtuelle, en l'occurrence celle d'Acrobat. Cette impression est paramétrable. En particulier, on peut la paramétrer à l'aide du fichier de configuration fourni directement par l'imprimeur. On peut aussi choisir de générer un PDF d'une qualité supérieure ou optimale, ce qui va certes alourdir la taille du fichier ainsi générer, mais permettra un rendu de meilleure qualité.

 

Le logiciel d'Acrobat permet par ailleurs d'avoir accès à toutes les fonctionnalités de concaténation, de remplacement, de redimensionnement et de génération de repères d'impressions (avec les marges graphiques). Ainsi, il est possible, pour une équipe d'auteurs, de générer elle-même un PDF qui pourra être envoyé directement à l'imprimeur le cas échéant.

Il y a une erreur de communication avec le serveur Booktype. Nous ne savons pas actuellement où est le problème.

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