Sites


Réaliser des manuels sous licence libre - retours d'expériences

Styles et modèle

a. Les styles dans Libroffice

L'une des grosses faiblesses d'un traitement de texte par rapport à une chaine éditoriale peut être en partie palliée par le recours aux styles. En effet, si on utilise le traitement de texte à la manière d'une ancienne machine à écrire, les contenus tapés ne sont pas différentiés les uns des autres autrement que par la forme qu'on leur donne au coup par coup. Par exemple, dans un manuel scolaire, si on souhaite distinguer une partie leçon et une partie exercice, on peut par exemple les différentier par la couleur, la taille des caractères... Plutôt que d'appliquer ces caractéristiques au fur et à mesure de l'avancement, on peut décider de créer des styles : par exemple un style pour la leçon et un autre pour les exercices. Il suffit alors d'appliquer ces styles aux parties considérées. De la même façon, si on utilise la numérotation automatique proposée par le logiciel, alors chaque partie ainsi numérotée sera non seulement affichée comme tel (exercice 1, 2 ...) mais en plus reconnue comme tel à l'intérieur même du code source du fichier.


Style de numérotation utilisé dans le manuel Netado

Il est vraiment important d'utiliser les styles, et cela pour plusieurs raisons :

 

  • - Même si la création des styles par eux-mêmes prend un peu de temps au début (et il faut prendre le temps de bien les créer) après le gain de temps est appréciable puisqu'il suffit d'appliquer les styles en une fois plutôt que d'appliquer une à une chacune de ses propriétés (au risque en plus de se tromper).
  • - Dans le cas le plus fréquent où plusieurs auteurs travaillent en même temps sur différentes parties du manuel, les styles sont le dénominateur commun qui permet d'avoir le minimum d'uniformisation au niveau de la mise en page. En respectant les styles, chaque auteur s'inscrit dans la carte graphique du manuel.
  • - Le choix des styles doit être minutieux en amont. Mais il peut arriver, pour diverses raisons, qu'il soit nécessaire de modifier la présentation, et donc de modifier un style. Ce type de modification se fait beaucoup plus facilement quand les styles sont utilisés car la modification du style suffit. S'il n'y a pas de style alors il faut changer à la main tous les contenus. De la même façon, si un utilisateur ou une autre équipe d'auteurs souhaitent modifier ou reprendre des éléments d'un manuel libre existant, l'utilisation des styles permettra à coup sûr une meilleure réappropriation.
  • - Il y a enfin une raison encore plus fondamentale : en utilisant des styles, c'est le code source du fichier qui est tagué (avec des balises XML). Comme le format ODT (utilisé entre autres par LibreOffice) est ouvert et documenté, il est alors possible de parser le fichier source pour récupérer automatiquement tous les éléments définis dans le même style, sans même avoir à ouvrir le fichier ave le logiciel. Concrètement, cela peut permettre d'alimenter une base de données de contenus, ouvrant à de très nombreuses utilisations possibles : traductions, oralisation, sortie dans d'autres formats, aléatoirisation...

L'objectif n'est pas ici de décrire en détail comment créer et appliquer des styles avec le logiciel LibreOffice. Il existe de très nombreux tutoriels, vidéo... et la communauté LibreOffice est par ailleurs suffisamment importante pour aider efficacement ceux qui souhaitent se lancer dans ce travail.

Nous citerons juste le livre référence "LibreOffice Writer C'est stylé !" (https://framablog.org/2018/04/26/libreoffice-cest-style-un-nouveau-manuel-framabook/)

Ce livre, sous licence libre (CcbySA) peut être téléchargé (https://framabook.org/libreoffice-cest-style/) ou acheté au format papier. Il est lui-même une traduction et une adaptation d'un livre libre référence sur LibreOffice ("Designing With LibreOffice" de Bruce Byfield ).

b. Créer des modèles

Plus le manuel scolaire est structuré, plus il est facile de créer les styles correspondant à chaque structure. Il est même possible d'aller plus loin. En effet, il est parfois intéressant de créer des modèles de pages (ou de plusieurs pages) contenant l'ensemble des styles requis, les numérotations adéquates...

Exemple de modèle de page pour le projet Netado

De cette façon, l'auteur a un cadre déjà prêt à l'emploi. Cette manière de procéder offre plusieurs avantages :

 

  • - Pour les auteurs qui sont encore novices dans l'utilisation de LibreOffice, ce cadre est rassurant : il leur permet de peaufiner leur utilisation du logiciel tout en étant capables de réaliser rapidement un contenu correctement mis en page. Autrement dit, c'est à la fois un élément de sécurisation mais aussi de motivation.
  • - Les modèles de page permettent de mieux uniformiser la présentation du manuel. Par exemple, s'il s'agit de présenter des cases à cocher pour un exercice, il faut retrouver le même type de cases tout au long des pages du manuel (sauf s'il y a une raison précise). Dans ce cas, le modèle de page peut être enrichi de structures les plus récurrentes. Il faut donc voir le modèle de page comme un outil qui s'enrichit et s'affine tout au long de la rédaction du manuel.
  • - Pour autant, il faut aussi éviter que le modèle devienne trop contraignant (devenant une simple liste de zones de textes à remplir) car alors cela peut nuire à la créativité des auteurs. Il faut donc trouver un compromis entre guidage bénéfique et contrainte trop forte.
  • - Le modèle de page permet à l'auteur de confronter nativement ses idées pédagogiques avec une première présentation grossière. C'est clairement un élément de calibrage. Cela permet aussi des relectures plus fluides car déjà proches de pages entièrement finalisées.

Evidemment les modèles de page doivent être testés en amont avec l'éditeur pour s'assurer qu'il n'y a pas de soucis au nouveau de l'impression du pdf final servant à l'impression.

De la même façon qu'il existe des modèles dans des chaines éditoriales comme Scenari (par exemple le modèle Opale - https://www.scenari.org/modeles/Opale/co/opale.html), modèles qui peuvent être mutualisés, collectivement améliorés... les modèles LibreOffice de manuels libres peuvent eux aussi être partagés, améliorés et utilisés dans d'autres éditions. De cette façon, le partage permis par la licence libre s'étend aux modalités mêmes de sa conception. En effet, il est souvent pertinent de partir de modèles déjà créés et éprouvés (et particulier quand on en connait le rendu papier) afin de les adapter à un autre projet de manuel.

c. Découpage en fichiers

La question des fichiers "modèles" renvoie directement à la question du découpage en fichiers séparés. On pourrait tout à fait imaginer qu'un manuel de 200 pages soit constitué de 200 fichiers LibreOffice, chaque fichier contenant une seule page. A l'opposé, il est souvent possible de tout faire tenir dans un seul et unique fichier (qui contiendra alors les 200 pages du manuel). Ces deux positions extrêmes ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients, si bien qu'il est souvent judicieux de choisir une solution médiane.

Le découpage le plus fin (1 fichier pour 1 page) offre une très grande souplesse dans la répartition du travail entre les auteurs. En effet, il devient alors facile d'assigner un certain nombre de fichiers à tel auteur. L'avantage principal est alors que l'auteur en question est l'unique personne qui manipulera le fichier, au moins dans la phase de conception, d'autres modifications pouvant être apportées par un responsable suite à la relecture finale et avant l'impression. Eviter des manipulations multiples permet d'éviter d'énormes ennuis liés à des modifications non comprises ou oubliées (et cela malgré les possibilités de suivi des modifications d'un document). L'expérience des trois projets présentés en préambule montre par ailleurs que cela est de nature à faire perdre du temps aux auteurs et à générer des tensions inutiles. Sauf demande express de l'auteur, il est donc préférable qu'il reste l'unique responsable du fichier. Cela plaide nécessairement pour une granularité assez fine au niveau du découpage.

Chaque page peut correspondre à un modèle de document différent. Dans ce cas, il est plus facile d'ouvrir le fichier modèle correspondant et de le limiter à la page concernée.

Si la composition du manuel est très élaborée et contient par exemple des images et illustrations de bonne qualité, la taille des fichiers (en Octets) peut très vite augmenter. Même si les connexions sont de plus en plus rapides et les ordinateurs de plus en plus puissants, des logiciels comme LibreOffice ne sont pas encore optimisés pour faire tourner de manière fluide de très très gros fichiers. On augmente ainsi significativement les soucis éventuels de plantage. Il est donc parfois techniquement difficile de tout faire tenir correctement dans un seul et même fichier.

Plus on multiplie les fichiers et plus on multiplie les interventions dès qu'il s'agit de modifier certains de ses éléments : cela s'applique aux modifications de forme (par exemple dès qu'il s'agit de modifier un style, il faut ouvrir tous les fichiers un à un pour modifier le style) comme aux modifications de fond suite aux relectures par exemple.

Moins on a de fichiers à ouvrir et plus rapides sont leurs manipulations pour la constitution d'un PDF imprimeur. En effet, il faut dans ce cas transformer chaque fichier indépendant au format PDF puis ensuite assembler tous les PDF en un unique fichier.

Il est plus facile de sauvegarder régulièrement un unique gros fichier, mais par contre, si malgré toutes les précautions, on vient à le perdre, la perte est beaucoup plus grave que la perte d'un fichier-page.

La multiplication de petits fichiers oblige à une nomenclature stricte afin que chaque auteur s'y retrouve facilement, de même que chaque utilisateur final.

Un bon compromis peut consister à découper par entités de 2 à 6 pages. Par exemple, si une partie logique du manuel contient 5 pages, un unique fichier LibreOffice peut reprendre ces 5 pages, correspondant généralement à un unique modèle. Si cette même entité en contient 10, alors il sera peut-être intéressant de le couper en 2 afin d'équilibrer les choses (ou bien laisser à 10, suivant l'analyse des contraintes).


Découpage en fichiers d'un chapitre du manuel Iparcours 3e


En découpant le manuel en entités logiques, qui correspondent généralement aux parties affectées aux différents auteurs, on optimise ainsi la gestion des fichiers sources.

Il y a une erreur de communication avec le serveur Booktype. Nous ne savons pas actuellement où est le problème.

Vous devriez rafraîchir la page.