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Réaliser des manuels sous licence libre - retours d'expériences

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a. Iconographie

Les images, photos, dessins et autres illustrations occupent une place de plus en plus importante dans les manuels scolaires. Certaines d'entre elles peuvent être trouvées sous la licence adéquate, comme nous l'avons déjà vu. Mais dans certains cas, il peut être intéressant ou même nécessaire d'avoir recours à un illustrateur ou un graphiste. En effet, malgré leur nombre croissant sur Internet, on ne trouve pas nécessairement la photo ou le dessin de son choix, surtout s'ils sont très particuliers. Par ailleurs, il peut y avoir un intérêt éditorial certain à retrouver une unité dans les dessins tout au long du manuel : personnages récurrents, univers visuel particulier... le graphisme devient alors un élément qui servira de repère à l'élève et lui permettra de mieux utiliser le manuel ou du moins l'utiliser avec plus de plaisir.

Si la mise en page est assurée directement par un éditeur, celui-ci pourra généralement faire appel à un de ses graphistes ou travailler avec un graphiste indépendant. Si le choix est possible, il convient alors d'étudier l'univers graphique de chaque proposition et surtout travailler sur un premier exemple à intégrer dans le manuel pour vérifier qu'il correspond parfaitement. Ce premier test est aussi l'occasion de tester la réceptivité et la réactivité du graphiste : comprend-il facilement la commande qui lui est faite ? Est-il réceptif aux propositions de modifications ? L'éditeur jouera en général le rôle d'interface afin de canaliser et raisonner les auteurs dans leurs demandes, parfois exagérées, mais de ce fait, il ajoutera également un intermédiaire allongeant les délais de réalisation et les confusions possibles.

Si les auteurs s'occupent directement de la mise en page, ils pourront choisir eux-mêmes et travailler directement avec un graphiste. L'intérêt de cette liaison directe est la fluidité qu'elle procure. Encore faut-il trouver une méthode de travail qui soit satisfaisante pour tout le monde. En particulier, il convient d'éviter tout travail qui serait fait inutilement faute d'une préparation suffisante. C'est pourquoi, la conception des images ou illustrations gagne à se faire en plusieurs temps :

 

  • - tout d'abord une description de l'illustration choisie, avec suffisamment de détails sur les points importants (surtout si l'illustration contient en elle-même des données pédagogiques). Parfois un petit schéma pourra aider le graphiste à se rendre compte.
  • - ensuite, quand l'idée d'illustration est validée par l'équipe et suffisamment stable, il faut attendre que le document soit à un niveau de mise en page suffisamment évolué pour donner des dimensions à l'illustration. Plus important encore que la taille elle-même ce sont les rapports entre dimensions qui comptent : il sera facile de réduire ou agrandir un peu une illustration, par contre, beaucoup plus ardu de la déformer uniquement sur sa longueur par exemple (dans ce cas, il faudra couper ou refaire).
  • - Quand le graphiste dispose de ces deux informations (descriptif et dimensions) il peut commencer à faire une première ébauche : peut-être en noir et blanc, peut-être simplement crayonnée... cette ébauche permet de voir si l'intention est bien respectée. Des échanges peuvent alors avoir lieu (le mieux étant de grouper les demandes d'illustration pour travailler de front sur plusieurs dessins), y compris de manière synchrone si besoin.
  • Quand l'ébauche est validée, le graphiste peut alors réaliser au propre l'illustration dans sa forme et ses couleurs définitives.

Il est important de voir préalablement avec le graphiste quels sont ses délais de réalisation et réserver avec lui un certain nombre de créneaux (en général plutôt vers la fin du manuel puisqu'il faut des versions suffisamment stables). Cela peut obliger dès le départ à fixer un nombre d'illustrations pour tout le manuel. C'est une contrainte éventuelle dont il faut tenir compte dans la ligne éditoriale.

Dans tous les cas, si le manuel est sous une licence libre, il faudra convenir dès le départ avec le graphiste que ses dessins seront sous la même licence. Il faudra alors lui faire signer une cession de droit vers une licence libre sur le modèle de celle présentée à la fin de la partie 1. Les illustrations ainsi « libérées » gagneront alors à être répertoriées dans les banques de ressources dédiées.

b. liens avec l'éditeur

Les liens avec l'éditeur seront très différents s'il s'agit d'un éditeur privé ou d'un éditeur étatique, d'un gros éditeur incluant en son sein tous les corps de métier ou un petit éditeur sous-traitant la plus grande partie des fonctionnalités. Néanmoins, l'éditeur est dans tous les cas un partenaire essentiel de l'équipe d'auteurs. Non seulement il doit lui apporter son expérience dans la conception de manuels, mais il doit aussi l'accompagner tout au long du parcours de réalisation. C'est pourquoi, même s'il n'occupe qu'une fonction d'imprimeur et de diffuseur, il faut associer l'éditeur dès le début à toutes les phases de réalisation.

Cela peut commencer, bien évidemment, par une sensibilisation à la question des licences libres. En particulier, certains éditeurs, qui souffrent par ailleurs de reproductions illicites de leurs contenus, peuvent avoir des réticences naturelles à publier des ouvrages sous licence libre (surtout pour les éditeurs commerciaux). Cette sensibilisation doit permettre de dédramatiser ces aspects et montrer les avantages à utiliser des licences libres.

L'éditeur joue également un rôle très important dans la promotion du manuel. Il le fait de plus en plus via les outils numériques, par un site Internet, les réseaux sociaux, le mailing... Il aura d'autant moins de réticences à montrer le contenu du manuel en ligne qu'il est par ailleurs sous licence libre, ceci pouvant alors devenir un avantage concurrentiel non négligeable par rapport à d'autres manuels propriétaires.

c. Relecture, formation... liens avec les utilisateurs

L'une des forces principales des logiciels libres est leur communauté d'utilisateurs. En effet, les utilisateurs sont d'autant plus amenés à signaler les bugs et faire des propositions d'améliorations qu'ils savent que le code du logiciel est ouvert et ne profite donc pas exclusivement qu'à un petit nombre. De la même manière, les REL en général peuvent générer d'importantes communautés d'utilisateurs. Tous les usagers des REL n'ont pas nécessairement le temps ni l'envie de s'impliquer dans la construction d'un manuel scolaire. L'exemple de Sésamath montre qu'il est très difficile d'obtenir des retours d'utilisateurs. Pour autant, certains d'entre eux peuvent être amenés à s'investir ponctuellement dans des tâches clairement définies et leur demandant un investissement mesuré. C'est le cas par exemple des tâches de relecture pour repérer les erreurs pédagogiques ou les erreurs d'orthographe par exemple. Cette aide peut se révéler précieuse en toute fin de construction du manuel : elle ne se substitue pas à une relecture finale en règle par des spécialistes, mais la complète souvent très bien.

Quand le manuel est terminé et publié, les auteurs peuvent être amenés à le présenter lors de stages ou formations (c'est le cas par exemple de Netado). Dans ce cas, l'objectif peut être aussi d'obtenir des avis sur le fond afin de préparer d'éventuels rééditions ou retirages. Ce stages ou formations peuvent aussi servir à étalonner les documents d'accompagnements (ressources numériques, guide d'accompagnement). On peut aussi, à l'occasion, y repérer les qualités d'un futur nouvel auteur...

De manière générale, plus on s'éloigne du cœur de l'équipe d'auteurs, plus il convient de trouver des tâches simples et circonscrites pour favoriser la participation des utilisateurs. Pour cela, il faut rendre très simple le signalement d'une erreur et surtout pouvoir alors agir vite pour le corriger (c'est facile pour une édition en ligne, toujours plus long pour une édition papier). Certains utilisateurs peuvent aussi être amenés à faire des modifications du manuel pour mieux correspondre à leur pédagogie : c'est d'autant plus facile quand les fichiers sources du manuel sont mis à disposition et facilement modifiables. L'un des enjeux peut être alors de récupérer certaines de ces modifications afin de s'en inspirer ou de les intégrer lors de futures éditions.

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