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Scribus: ChoixDesCouleurs

Choix des couleurs

À la création de tout document se pose la question du choix des couleurs. Ce choix est parfois imposé dans une relation de commanditaire à graphiste par une charte graphique, qui répertorie l'ensemble des polices et couleurs associées à l'image de marque du commanditaire. Scribus dispose d'outils et fonctions permettant de créer, personnaliser et exploiter des palettes de couleur.

Modes colorimétriques

Avant de composer sa palette de couleurs, il convient de comprendre comment fonctionnent les modes colorimétriques, lesquels seront adaptés au support de publication et comment optimiser leur utilisation.

Gamut

Nous ne percevons pas toutes les couleurs... et nos machines ne sont pas capables de toutes les reproduire. La gamme des couleurs spécifique à un support donné est ce qu'on appelle un gamut.

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Source : Wikimédia commoms, par Christophe.moustier, domaine public http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Comparaison_de_diff%C3%A9rents_Gamuts.svg

Mode RVB

Il s'agit du mode colorimétrique le plus répandu puisque c'est lui qui se positionne à la base de l'affichage écran. Il s'appuie sur le principe de la synthèse additive, qui renvoie au mélange des trois composantes couleur de la lumière rouge, vert et bleu. Le mélange maximal de ces trois couleurs donne un blanc très lumineux adapté au rétroéclairage de l'écran. Ce sont des couleurs projetées à partir d'une source lumineuse.

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La synthèse additive des couleurs : l'ajout de couleur tend vers le blanc

Le mode RVB propose un "gamut" très large, permettant d'afficher un nombre de couleurs considérable, pour certaines même au-delà du seuil de perception humaine. C'est donc un mode adapté aux nuances et contrastes riches, et par conséquent à la qualité sans cesse croissante d'affichage des écrans.

Les images bitmap numériques bénéficient de cet espace colorimétrique étendu, non seulement au niveau de l'affichage, mais aussi au niveau de la finesse des corrections. C'est pourquoi il n'est pas nécessairement recommandé de convertir en CMJN une image destinée à être insérée dans un document pour l'impression. En revanche, s'agissant de constituer sa palette de couleurs, le graphiste ne saurait privilégier des couleurs dans ce mode.

Mode CMJN

Le mode "CMJN" (Cyan, Magenta, Jaune, Noir) est le mode colorimétrique absolu pour l'impression, car il s'appuie sur la synthèse soustractive. À l'opposé de la synthèse additive, la synthèse soustractive n'est pas le fait d'une projection, mais de l'absorption de la lumière par une encre physique. La couleur que l'on souhaite appliquer est en fait la portion correspondante du prisme de la lumière renvoyée par l'encre. L'addition des trois couleurs cyan, magenta et jaune donne un brun très foncé. On y ajoute du noir pour obtenir de vraies nuances en niveaux de gris, qui viendront compléter les mélanges CMJ.

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La synthèse soustractive des couleurs :  l'ajout de couleur tend vers le noir

Le gamut de l'espace CMJ est beaucoup plus réduit que celui de l'espace RVB. En effet, les encres sont incapables de reproduire la même richesse dans les nuances. Il est donc indispensable de garder à l'esprit que le nombre de couleurs à l'impression sera nécessairement réduit entre le document travaillé à l'écran. Le défi consiste alors à anticiper cette réduction, ou du moins à savoir qu'elle aura lieu.

Niveaux de gris

Il s'agit de l'absence de couleurs. Toutes les informations de couleur ont été supprimées pour ne conserver que des valeurs de noir, du gris le plus léger au noir le plus intense. La difficulté de la conversion consiste ici à préserver ou adapter la luminosité. Les informations de luminosité étant partiellement véhiculées par les informations de couleur, supprimer les informations de couleur peut jouer avec plus ou moins de force sur la luminosité globale de l'image.

Les débutants sont souvent victimes d'un écueil courant, qui consiste à croire qu'une image désaturée est une image en niveaux de gris. C'est faux. En effet, supprimer les informations de saturation ne supprime pas la totalité des informations de couleur, et l'image conserve donc son mode colorimétrique d'origine : les gris sont alors produits par des mélanges de couleurs, et non pas seulement pas du noir. Si, dans un document qui contient de toute façon des images en mode RVB ou CMJN et/ou qui se destine à l'affichage écran, cette erreur n'a pas d'importance (il y aura un mélange de couleur de toute façon), elle en aura dans un document de mise en page conçu pour n'accueillir que du noir et destiné à être imprimé, car elle est susceptible de générer surcoût et maculage.

Bichromie

La bichromie et ses déclinaisons (monochromie, trichromie) consistent à limiter volontairement le nombre de couleurs dans le cadre d'une recherche graphique ou d'une économie de moyens.

Comme les niveaux de gris, la bichromie demande une certaine méthode, en prenant soin de limiter le nombre de couleurs aussi bien dans les images que dans le reste du document. Généralement, ce genre d'actions est effectué avec des tons directs (voir plus bas) qui évitent les mélanges d'encre.

Composer sa palette de couleurs

Qu'elle provienne d'une charte ou qu'il faille la créer soi-même, la palette de couleurs est une étape indispensable à toute création de documents. Composer une telle palette requiert de la méthodologie, car elle déterminera l'ambiance de votre document et sa lisibilité.

Trier les couleurs

Scribus dispose d'une fenêtre entièrement dédiée à l'exploitation des couleurs, qu'on appelle aussi «  Bibliothèque des couleurs » accessible via Édition > Couleurs. Cette fenêtre regroupe par défaut un certain nombre de couleurs exploitables directement. Il convient d'ores et déjà de faire un tri, en fonction du support de diffusion, et par conséquent du mode colorimétrique qui lui est le plus favorable:

  • CMJN : Scribus étant avant tout destiné à la publication imprimée, la plupart des documents de travail relèveront du mode CMJN. Il est dans ce cas recommandé de supprimer les références couleur RVB. Pour cela, sélectionnez une nuance et cliquez sur Supprimer.
  • RVB : dans le cas d'un document destiné à l'affichage écran, il est possible de définir des couleurs RVB, et dans ce cas de supprimer les références CMJN avec la méthode proposée ci-dessus.
  • Niveaux de gris : ici, l'action [Effacer les couleurs inutilisées] se révélera utile, puisqu'utilisée dès l'ouverture du document, elle ne conservera que les couleurs [Noir] et [Repérage]. La première sera nécessaire à l'exploitation des niveaux de gris, et la seconde est une couleur qu'on ne peut pas supprimer, destinée à afficher les repères de coupe et de calage du document.
  • Bichromie : comme pour les niveaux de gris, l'action d'effacement des couleurs inutilisées peut se révéler ici d'une grande aide. L'action suivante consiste à sélectionner les couleurs qui compléteront la bichromie.

Attention : supprimer une couleur de la liste n'implique pas que l'encre correspondante ne sera pas utilisée pour imprimer le document, mais simplement qu'elle clarifiera la liste des couleurs utilisées pour la réalisation de la mise en page. Supprimer définitivement une information de couleur implique de le faire aussi dans les éléments importés, à commencer par les images.

Créer des couleurs

Une fois le tri effectué et la liste des couleurs réduite aux besoins les plus élémentaires, il convient, si besoin est, de la compléter.

Pour ajouter une couleur, cliquez sur le bouton [Nouveau]. Pour modifier les propriétés d'une couleur existante, cliquez sur [Édition]. La fenêtre qui s'ouvre propose alors de choisir le mode colorimétrique de la couleur à créer ou modifier. Dans la partie droite, un menu déroulant permet de sélectionner un nuancier ou un espace colorimétrique pour le choix des couleurs. L'espace HSV proposé par défaut permet de choisir ses couleurs en visualisant les coordonnées sur une carte colorimétrique. Les autres nuanciers peuvent également servir de repères visuels pour déterminer une ambiance.

Les curseurs CMJN ou RVB permettent d'entrer précisément des références couleur précises, ou d'affiner une couleur sélectionnée à partir d'un nuancier. Ils sont très importants, car ils serviront de référence aux mélanges d'encres et constituent une excellente façon de nommer la couleur nouvellement créée.

Tons directs

La fenêtre de création et modification des couleurs dispose aussi de la capacité de transformer un mélange de couleur en ton direct, simplement en cochant la mention [Ton direct]. L'action revient à réunir les couleurs CMJN en une seule encre physique en fonction du pourcentage de mélange défini par les valeurs qui auront été entrées.

Les tons directs autorisent une grande souplesse dans la gestion des couleurs, puisqu'ils permettent de s'affranchir de la quadrichromie traditionnelle pour gérer un nombre de couleurs plus réduit (bichromie, par exemple) ou des couleurs différentes des nuances cyan, magenta, jaune et noir.

Les tons directs ont cependant cette limite qu'il faut que l'encre soit préparée. C'est pourquoi il existe des nuanciers commerciaux vendus par des professionnels de la couleur et permettant de constituer physiquement ces mélanges à partir des couleurs de base prescrites par le nuancier. Pantone est le plus connu, mais d'autres existent comme Focoltone. Étant les références colorimétriques de la profession, il peut se révéler judicieux d'utiliser les mélanges quadrichromiques des nuanciers papier pour créer ses propres tons directs en indiquant la référence Pantone ou autre correspondante, de sorte que l'imprimeur puisse savoir de quoi il retourne.

Bien choisir ses couleurs

Du choix des couleurs dépendra l'ambiance du document, et ainsi de la communication de la marque du commanditaire par exemple. Mais il n'est pas aisé de comprendre comment les couleurs interagissent ou se complètent. Et bien souvent, les débutants s'orientent vers un choix réduit ton sur ton, ou à l'opposé vers une liste exhaustive de couleurs utilisées à tort et à travers.

Scribus met à disposition de ses utilisateurs un outil puissant de support à la création de palettes de couleurs. Rendez-vous dans Extra > Cercle chromatique. La fenêtre qui s'ouvre révèle une certaine complexité, mais se montre adéquate et pertinente à mettre en place des palettes selon des principes de complémentarité étudiés et éprouvés.

Tout commence par le choix de la couleur de base dans la partie supérieure droite, dans laquelle on retrouve le type de sélecteur de couleur déjà rencontré au moment de créer une nouvelle nuance (voir plus haut), à ceci près qu'il est possible de choisir sa couleur de base directement dans la liste des nuances créée plus tôt en cliquant sur l'onglet [Document].

Une fois la couleur de base sélectionnée, reste à définir le modèle qui servira à composer les couleurs complémentaires, en sélectionnant celui de son choix dans le menu déroulant de la partie gauche. Six modèles, de [Monochromatique] à [Tétradique], permettent de déterminer de trois à quatre couleurs au total, qui serviront de base à votre document. Certains modèles se basent sur la correspondance des tons, comme [Monochromatique] ou [Analogue], d'autres sur le contraste : c'est le cas de tous les modes qui mettent en avant la complémentarité (opposition sur le cercle chromatique) des couleurs.

Il ne reste qu'à les ajouter aux nuances déjà présentes dans la palette de couleur qui a été triée en début de ce chapitre, soit en complétant la liste originale avec le bouton [Fusionner] en bas à droite de la fenêtre, soit en remplaçant les nuances originales avec le bouton voisin [Substituer].

Remplacer des couleurs

L'une des difficultés que rencontre un graphiste au quotidien est la modification d'une charte graphique ou d'une palette de couleurs. Plutôt que de reprendre l'ensemble du document, Scribus propose à l'utilisateur de faire appel à la fonction Édition > Remplacer les couleurs, qui permet de sélectionner les couleurs présentes dans la palette créée en début de ce chapitre, et de les remplacer avec une autre nuance, qu'il aura fallu au préalable créer dans la fenêtre Couleurs.

Cas particulier des motifs

Il existe également une bibliothèque d'objet que l'on utilise beaucoup moins souvent, mais qui existe, la «  Bibliothèque des motifs ». C'est une bonne pratique de préparer vos motifs comme vous préparez vos couleurs si vous souhaitez en utiliser.

Gérer les motifs

Juste sous l'occurrence [Couleurs], le menu [Édition] propose également un gestionnaire de motifs. La fenêtre [Motifs] donne accès à des options similaires à celles de la fenêtre [Couleurs], à ceci près qu'il n'y est pas directement possible de créer un motif. La fenêtre se limite en effet à charger des fichiers pouvant servir de motifs. La liste de formats acceptés est vaste et variée, accessible en cliquant sur le bouton [Charger un fichier]. Il est également possible de charger un jeu entier de motifs en cliquant sur [Charger un jeu]. Un jeu de motifs consiste en un certain nombre de motifs réunis en un album (voir le chapitre Gabarits dans la section Organiser). Il est possible de personnaliser les motifs grâce aux actions [Renommer], [Effacer] ou [Tout Supprimer].

Créer un motif

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La création de motifs est facilitée dans Scribus. N'importe quelle forme ou groupe de formes (une fois groupé avec la commande Objet > Grouper) peut servir de motif de remplissage une fois enregistré dans la bibliothèque de motifs via la commande Objet > Envoyer vers les motifs.

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