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Scribus: LesChanesEditorialeEtGraphique

Chaînes éditoriale et graphique

Vous avez maintenant une idée, grâce au chapitre précédent « Commencer par la fin », des questions auxquelles vous allez devoir répondre en commençant votre projet d'édition.

Sans vouloir brider votre créativité, il y a pourtant encore des éléments à prendre en compte pour bien utiliser Scribus. Car Scribus n'est pas un logiciel à tout faire, il se concentre sur les tâches propres à son domaine.

Dans ce chapitre, nous vous présentons les processus et bonnes pratiques de l'édition afin de vous permettre de bien comprendre les tenants et les aboutissants de la mise en page à l'aide de Scribus.

Séparer le fond de la forme

Le monde de l'édition, prise au sens large, produit de nombreux types de documents : courts ou longs monographies ou périodiques, avec ou sans illustration, écrits par divers types d'auteurs professionnels (écrivains, journalistes, etc.) ou non. Tous ces paramètres influent sur la méthode de travail et la façon dont le logiciel sera exploité.

Cela étant, la méthode qui a fait ses preuves, dans l'édition comme dans beaucoup d'autres domaines, est de séparer le « fond » de la « forme », autrement dit, de gérer séparément le contenu informatif d'un document et l'aspect qu'il aura au final. C'est très utile notamment lorsque une collection de livres est rééditée quelques années plus tard dans un autre style graphique que la collection originale. Le texte n'en reste pas moins identique (même s'il peut être mis à jour par la même occasion). Grâce à cette méthode, l'auteur lui-même n'a pas à s'occuper de l'aspect final quand il procède à l'écriture et peut rester concentré sur son texte.

Cette méthode simple, qui peut paraître à première vue une contrainte, donne en fait une grande souplesse lors des différentes étapes de la création d'un document imprimé, dans lesquelles de nombreuses personnes et différents corps de métier interviendront. L'auteur d'un livre peut indiquer par exemple « ceci est un titre », « ceci est un paragraphe », et le graphiste qui mettra en page l'ouvrage pourra choisir tous les styles qu'il trouvera appropriés pour obtenir une belle publication, sans risquer de déformer le propos, sa syntaxe et sa sémantique.

Scribus s'articule autour de cette distinction fondamentale. Nous vous conseillons de prendre donc tout de suite l'habitude de séparer le fond et la forme dans vos projets.

Chaîne éditoriale

Imaginez un instant que vous travailliez dans un grand journal de presse, qui publie des articles d'actualités dans un quotidien papier et également sur son site internet. Vous êtes maquettiste pour le quotidien papier, c'est-à-dire que vous êtes chargé de sa mise en page. Vos collègues sont journalistes, photographes, rédacteurs, correcteurs, documentalistes, mais aussi imprimeurs et opérateurs de saisie puisque le quotidien possède ses presses.

Le journal a donc mis en place une chaîne éditoriale, qui définit le parcours d'un texte de sa création à sa livraison,et qui comprend les étapes suivantes: écriture (par un ou plusieurs auteurs), relecture, correction, mise en page, épreuvage, corrections d'épreuvage, impression, façonnage, emballage, livraison. Un même texte va donc être traité en séparant son contenu de sa mise en page, et comportera des aspects différents au final sur le site internet et dans le quotidien imprimé, parce qu'il aura suivi deux branches de la chaîne éditoriale.

La chaîne éditoriale est l'ensemble des méthodes, des règles (par exemple le nombre de caractères dans un article) et des procédés technologiques mis en place pour assurer le bon déroulement de toutes ces étapes.

Chaîne graphique

La chaîne graphique s'inscrit dans la chaîne éditoriale et concerne plus directement le maquettiste :  vous devez créer la mise en page en mettant en forme textes et images, vous assurer ensuite que tous les éléments (textes, images) que l'on vous a transmis sont bien intégrés, et enfin préparer votre document afin qu'il soit correctement imprimé.

La chaîne graphique complète comporte en général trois grandes étapes : 

  • Création : développement du concept, esquisses, mise en forme du projet (maquette), étude de la réalisation, choix des moyens.
  • Pré-presse : phase de « production », durant laquelle la création est finalisée et tous les problèmes techniques éventuels sont réglés en amont de l'impression, pour assurer la qualité du résultat final.
  • Impression : le document est imprimé, a priori en grande quantité, et on vérifie la qualité du résultat final.

En fonction de votre rôle exact, vous participerez plus ou moins à certaines de ces trois étapes, et vous pourrez utiliser Scribus qui y trouve sa place au niveau de la phase de pré-presse. Selon les projets, certaines étapes n'ont pas besoin d'être réalisées à chaque fois : par exemple, un quotidien ne change pas son concept graphique chaque jour :  il réutilise le même sur plusieurs années, ce qui lui permet de gagner en temps de production et d'augmenter sa visibilité sur les étalages. Mettre en page ne signifiera donc pas toujours créer un document à partir de zéro.

De cet exemple, retenez que Scribus est un composant de la chaîne graphique, et ne peut vous permettre de réaliser toutes les étapes de la chaîne éditoriale : a priori, avant même de lancer Scribus et de commencer votre mise en page, vous devriez être en possession de tous vos textes définitifs corrigés, ainsi que toutes vos images.

Que vous travailliez seul (vous réalisez l'ensemble de la chaîne éditoriale) ou au sein d'une équipe (dans laquelle votre rôle sera plus encadré), le respect des étapes de la production et le choix des meilleurs outils à chacune d'entre elles vous donneront plus de marge de manoeuvre et de facilité dans le travail.

Étapes essentielles de votre travail dans Scribus

Votre travail dans Scribus va suivre quelques grandes étapes qui seront plus ou moins gourmandes en temps. Prévoyez plusieurs jours de travail pour une mise en page complète, surtout si vous débutez. La durée dépendra bien sûr de la quantité de contenu et de la qualité graphique visée. Plus que la préparation, les finitions demandent une grande attention.

En prenant l'exemple de la mise en page d'un livret de huit pages, que vous créez à partir d'un texte relu et d'images préexistantes, un professionnel facture trois ou quatre jours de travail pour une création, deux pour une exécution. Dans tous les cas, en tant que débutant, prévoyez au moins deux jours supplémentaires.

Étape Estimation du temps de travail
Créer
1. Préparation et vérification des sources ≃ 5%
2. Choix du format du document, création des couleurs et choix des polices ≃ 5%
Organiser
3. Création des Gabarits, repères et albums ≃ 15%
4. Préparation et création des styles de texte ≃ 30%
Produire
5. Importation des textes et des images, et application des styles ≃ 15%
6. Positionnements manuels et finitions typographiques
≃ 10%
7. Correction et vérification de la mise en page ≃ 15%
8. Exportation en PDF et réglages finaux pour l'impression ≃ 5%

Les valeurs de temps ci-dessus sont données à titre indicatif, et vont bien sûr varier en fonction de votre projet et de ses spécificités. 

Si vous réalisez un périodique, vous gagnerez beaucoup de temps après le premier numéro, puisque les étapes 2 à 4 seront déjà réalisées (toutes les règles seront définies) et pourront être réutilisées dans les numéros suivants grâce à un modèle de document : c'est tout de même 50% de temps en moins par rapport à la première fois ! 

1. Préparation et vérification des sources

Il s'agit de rassembler tout ce qui va être le contenu de votre document, les textes et les images, mais aussi les logos, les crédits, les bases de données ou d'autres sources, et à organiser vos fichiers pour les retrouver simplement dans des formats de fichiers utilisables, reconnus par le logiciel et offrant une qualité suffisante.

Cela peut inclure des opérations diverses comme de la recherche ou de la sélection d'images, ou encore la vérification d'une liste de numéros de téléphone. Ici nous partons du principe que vous avez déjà sélectionné votre contenu avant de commencer la mise en page, que la relecture a été effectuée, et que vous devez juste vérifier de bien avoir sous la main tous les éléments pour travailler. Ce qui est une situation de production optimale dans bien des cas, même si l'expérience montre qu'elle est rare.

2. Choix du format du document, création des couleurs et choix des polices

En démarrant Scribus, la première chose que vous devrez définir est la taille du papier, son orientation, ses plis. Apportez une attention particulière à cette étape. Si vous souhaitez produire un document que vos lecteurs auront plaisir à avoir dans les mains, mettez-vous à leur place. Prenez une feuille de papier et pliez-la pour mieux percevoir le résultat avant même de commencer. Posez-vous la question : quel document final souhaiterai-je obtenir ?

Ensuite, une bonne méthode de travail consiste à choisir deux ou trois polices (une pour les titres, une pour le texte courant par exemple) et deux ou trois couleurs de références, que vous créerez dans la bibliothèque de couleur. Avec ces premiers éléments, vous pouvez déjà donner le ton de votre future mise en page. Si une charte graphique vous est imposée, ce travail a en général été fait à votre place.

3. Création des Gabarits, repères et albums

L'étape suivante est de créer vos pages pour avoir une trame de votre document (on l'appelle aussi le chemin de fer). Attention, si vous créez un livret, il faut que le nombre de page soit un multiple de 4, pour éviter les feuilles volantes ! Dans tous les cas, contactez votre imprimeur pour avoir ses conseils.

Ensuite vous pouvez créer des modèles de pages via les gabarits (par exemple une page de gauche et une page de droite avec des marges différentes et des numéros de pages automatiques), placer vos repères pour préparer une mise en page en grille ou en colonne, et éventuellement préparer vos objets types (par exemple un encart) en créant une collection d'objets dans l'album (une fonctionnalité spécifique à Scribus permettant de mémoriser les éléments de mise en page fréquemment utilisés). Il n'est pas inutile de préparer le travail informatique par quelques croquis.

4. Préparation et création des styles de texte

Le texte et indirectement le travail de typographie sont sûrement l'objet le plus important de votre mise en page : une bonne typo est un des poumons d'une bonne mise en page.

Le plus gros de votre travail va donc être la création et l'adaptation de vos styles de paragraphe et de caractère. C'est une étape indispensable car si elle prend du temps, elle n'en reste pas moins fondamentale à la qualité du document et à votre productivité. Créer un style et l'appliquer ensuite d'un clic vous permet de modifier et corriger finement et rapidement de grandes quantités de texte mis en place. Créez un style, même si a priori vous ne l'appliquerez qu'à une seule ligne : il sera prêt à être réutilisé ensuite.

On peut si besoin ajouter les styles de filets à cette étape, mais ils sont en général peu nombreux.

5. Importation des textes et des images, et application des styles

Il est temps d'importer tout votre contenu dans votre mise en page, et d'appliquer au texte les styles que vous avez définis, en faisant éventuellement des ajustements dans vos styles.

Parallèlement, vous pouvez importer vos images, et régler leur habillage par rapport au texte.

Arrivés à ce point, vous voyez votre mise en page prendre forme. C'est le moment où toute votre préparation montre sa valeur et où vous aurez l'impression de travailler vite : une bonne préparation fondée sur la séparation du fond et de la forme vous permet de vous repérer facilement, et d'appliquer en une seule fois des changements sans avoir à passer tout le document systématiquement en revue.

6. Positionnements manuels et finitions typographiques

Ça y est, votre mise en page commence à approcher de sa forme définitive ! Le plus gros du travail est accompli, mais vous avez le soin du détail, et il y a encore de nombreuses finitions à réaliser : positionner correctement les images en face des textes correspondants, mettre en évidence des éléments, gérer les césures pour la découpe des mots en fin de ligne, les veuves et les orphelines pour les lignes solitaires en bas ou en haut des pages, les espaces insécables avant certaines ponctuations, les lézardes au sein des colonnes et tous les détails typographiques qui produisent une belle mise en page et assurent une bonne lisibilité.

Cette étape sera plus ou moins longue selon les propriétés de votre mise en page et de votre texte. Mais elle peut parfois s'étendre. D'une certaine façon, c'est ici que l'on s'intéresse aux détails et que, derrière la qualité globale du graphisme de votre document, vous augmentez le confort de lecture.

7. Correction et vérification de la mise en page

Maintenant, il faut vérifier tout cela, relire et relire encore pour ne laisser s'échapper aucune erreur de typographie ou de mise en page. C'est l'étape où vous vous rendez compte de la véritable qualité des sources : si votre texte a été mal rédigé, cette étape peut déborder du temps prévu et se révéler très douloureuse. Cela est malheureusement trop fréquent car votre mise en page bien faite va faire ressortir certains éléments et en même temps leurs défauts.

Dans un monde parfait, personne ne devrait rencontrer de coquilles dans le texte à cette étape de la production, mais dans la pratique cela arrive presque toujours : la mise en page rafraîchit le texte, et peut mettre en valeur des détails négligés ou des maladresses. Faites des contrôles et vérifications sur une impression que vous faites même sur une simple imprimante : cela vous place dans la situation du lecteur, et le papier vous permet d'annoter en marge. Ne confondez pas relecture et corrections qui sont deux étapes différentes. Faites éventuellement relire par d'autres personnes.

L'outil Vérificateur de Scribus peut se révéler très utile à cette étape, en automatisant la vérification d'un certain nombre d'erreurs classiques et techniquement objectives dans la mise en page. Le Vérificateur ne contrôle pas le contenu.

8. Exportation en PDF et réglages finaux pour l'impression

Toutes les erreurs sont maintenant corrigées, votre mise en page est belle et complète ! Vous avez préparé l'impression de votre document dès le départ, mais il s'agit maintenant de régler tous les détails techniques qui assureront que votre document sera bien transmis à votre imprimeur et utilisé comme vous l'avez conçu : c'est l'étape finale du travail de pré-presse, débuté avec le rassemblement des sources.

Une fois exporté, il ne vous reste plus qu'à apporter votre fichier .pdf à votre imprimeur, à contrôler avec lui les épreuves de votre document, et vous aurez bientôt un bel objet imprimé dans les mains !

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