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Société post croissance

Résonance et justice réparatrice

Question :

Comment favoriser la résonance (ou les conditions de son émergence) dans la vie quotidienne alors que nous vivons sous l'emprise des différentes formes d'accélération sociale créées par le mode de stabilisation dynamique ?

Quelles formes de justice doit-on favoriser dans une société post-croissance ?

Hypothèse : les conflits (dont personne ne peut prétendre en être épargné) sont une opportunité de création de résonance.

Les formes de justice alternative (réparatrice, transformatrice) participe à la création d'un contrat social (nouveau ou alternatif) qui remet le collectif et la résonance au coeur du projet de société.

 

Plan temporaire :

1) Prolématiques et défis de la modernité. 

Extraits auteurs :

Federici.

- Feminism and the Politics of the Common in an Era of Primitive Accumulation (2010)

Most important, we cannot build an alternative society and a strong self-reproducing movement unless we redefine in more cooperative ways our reproduction and put an end to the separation between the personal and the political, political activism and the reproduction of everyday life.p. 147

- From Crisis to Commons: Reproductive Work, Affective Labor and Technology, and the Transformation of Everyday Life

Under these circumstances, everyday life, which is the primary terrain of mediation among people, has been allowed to shipwreck; it has become a terrain from which many are fleeing, unable to sustain interpersonal relations that appear too laborious and difficult to handle. p. 181

Interpersonal, face-to-face communication, a key component of our reproduction, is also declining, both among adults and between adults and children, diminished in quantity and content and reduced to a purely instrumental use. p. 181

There is a further reason why it is crucial that we create new forms of social bonding and cooperation in the reproduction of our everyday life. Domestic work, including care work and affective work, is extremely isolating, being performed in a way that separates us from each other, individualizes our problems, and hides our needs and suffering. p. 184

2) Défis de la justice et de notre gestion actuelle des conflits. 

Facteurs d'apparition de la médiation pénale :

les institutions et les pratiques répressives étaient de plus en plus contestées (le problème de l’engorgement des prisons, la surcharge des tribunaux, les difficultés de réinsertion des ex-détenus ainsi que l’inefficacité du système pénal à éviter la récidive), d’un désir de régler les conflits en utilisant la communauté elle-même.

la naissance de la victimologie à la fin de la Seconde Guerre mondiale, de même que plusieurs revendications, notamment féministes, sont venues renforcer la reconnaissance des droits et des besoins des victimes.

l’importance accordée au besoin de « refaire communauté »,

3) Réponse = la résonance. 

Rosa 

« Ce n’est pas l’accès aux choses, mais la qualité de la relation au monde qui doit devenir la norme de l’action politique et individuelle » H. Rosa (p.501)

la résonance opère en effet une réunion entre l’esprit et le corps (ou l’âme et la chair), le sentiment et l’entendement, l’individuel et le collectif, l’esprit et la nature, là où le rationalisme des Lumières et le naturalisme considèrent qu’ils sont strictement séparés. p. 196

La faculté de résonance se fonde sur l’expérience préalable d’un élément étranger qui nous déconcerte, que l’on ne s’est pas approprié et qui surtout reste indisponible, se dérobe à toute prise et se soustrait à toute attente. p. 212

L’effet produit par ces expériences est donc moins une confirmation immédiate (bien qu’il s’y associe toujours un élément affirmatif lié à l’expérience d’auto-efficacité) qu’une transformation : le contact implique une fluidification de la relation au monde, de sorte que le moi et le monde ressortent toujours transformés de leur rencontre.

La résonance dispositionnelle, nous l’avons vu en première partie, signifie que l’on porte un intérêt intrinsèque à tout ce qui nous est étranger, nouveau, différent (ça pourrait être intéressant / passionnant / fascinant) et que l’on forme ce faisant un sentiment élevé d’efficacité personnelle. p .283

La résonance est une attitude qui prend le risque d’une certaine vulnérabilité et repose sur l’ouverture, tandis que la répulsion désigne une relation au monde déterminée par le durcissement (intérieur) et la fermeture. p. 515

4) Incarnation = la JR – description – exemples. 

JR : à « une optique sur la manière de faire justice, orientée prioritairement vers la réparation des souffrances et des dommages causés par un délit » (Walgrave, 2003).

Au minimum, la justice réparatrice est « une invitation au dialogue et à l’exploration » (Zehr, 2010).

Les pratiques appartenant à la catégorie de la justice réparatrice sont très diverses. Il est toutefois possible de distinguer plusieurs grands modèles (Johnson, 2003) :

1.         La réconciliation victime délinquant (exemple : les rdv organisés par le CSJR)

RDV. 3 parties, communauté, offenseurs, ex-victimes indirects

Objectif principal RDV (CSJR). :

Créer un espace de parole où les victimes et les offenseurs peuvent se rencontrer et s’exprimer librement.

Effets constatés :

 Prise de conscience de l’impact du crime (Meurtre, viol, inceste, cambriolage, holdup, vol, etc.)

 Libération des émotions destructrices.

 Compréhension mutuelle des parties adverses

« J'avais enfin des meurtriers devant moi, et je pouvais leur demander tout ce que je voulais. Les gardiens étaient partis, et j'étais seule. J'étais seule avec ma peur et ces hommes capables de tuer. Je me suis sentie vulnérable, mais profondément respectée. [...] Ils étaient 10, incluant. La vie m'avait fait ce merveilleux cadeau de mettre devant moi les 10 hommes que j'avais rêvé de tuer. Et ma rage s'est évanouie. J'ai senti que je pouvais fermer cette porte, que cette rage était désormais domptée », poursuit la mère de la jeune fille assassinée.

RDV Vont permettre de :

 Une démarche de compréhension, responsabilisation et de réparation.

 Démystifier, surmonter les préjugés et ré-humaniser l’autre.

 Favoriser la réparation psychique des torts subis.

 Rééquilibrer les rôles et les pouvoirs.

 Énergie transformatrice

2. les concertations familiales ou de communautés (qui fait encore plus intervenir la communauté ou la famille)

3. Les cercles de sentences (surtout utilisés dans les communautés autochtones)

4. Cercles restaurateurs ou les conseils (commission vérité et réconciliation), (pour faire réfléchir sur les impacts d’un délit, et selon l’avocate Carrie C. Boyd aide à renforcer le sentiment de communauté pour affronter des compagnies ou gouvernements qui semblent trop difficiles à affronter)

Elle ne garantit rien. Ni résoudre des faits, clarifier des éléments, une thérapie, rééquilibrer les relations interpersonnelles, amener un pardon, une réparation matérielle.

Au minimum, la justice réparatrice est « une invitation au dialogue et à l’exploration » . H. Zehr.

«  au pire, cela ne fait rien ».

Et comme ça marche toujours, redonne espoir en l’humain et la capacité réparatrice de la communauté

5) Effets et limites. 

Donc JR comme remède (pour réparer, aider à se reconstruire ind.) mais vaccin (prévient les conflits, reconstruit le tissu social). 

1) La JR peut fortement politiser un conflit en le ramenant dans la communauté (symboliquement dans le rdv) ou réellement dans les formations des citoyens à la JR, les témoignages dans les médias

En avril 2019, Le documentaire unité 9 sur la JR a créé une énorme vague d’appels au CSJR de personnes qui veulent s’impliquer. On peut imaginer plein de manière de créer le même effet, avec du théatre-forum, des soirées sur des thèmes qui nous touchent directement ou indirectement.

Elle rapproche la communauté du conflit qui préfère souvent le mettre de côté et est pas si malheureuse qu’une institution le gère. Dans une société aseptisée, le conflit n’est pas ou plus le bienvenu. Pas le temps ou pas les ressources de le gérer.

Les chercheurs Braithwaite et Parker estiment que la justice réparatrice doit autant restaurer les rapports de pouvoir entre les participants que se pencher sur les causes systémiques de cela (racisme, pauvreté, marginalisation, etc.)

la JR offre un espace de résonance à des personnes très fragilisées par un crime ou un délit et qui peut être contagieuse à d'autres domaines de la vie.

C'est donc une pratique à développer autant pour les effets bénéfiques qu'elle a sur l'individu que sur la conception de la collectivité qu'elle engendre.

Elle intervient à des moments de désir de repli sur soi et d'abandon de la collectivité perçue comme nocive et elle renverse cette perception en redonnant un sentiment fort d'auto-efficacité.

Résonance comme relation pouvant créer des identités différentes que celles créées par le travail mais aussi par la justice. De victime à « ex-victime » à personne « ressource » ou référente D’offenseur à « ex-offenseur » à personne « ressource » ou référente

Offre des espaces de résonance. Et créer des agents de résonance.

Restorative practices provide a simple framework to give people a voice in a noisy world and agency at a time when global events happen faster and with more frequency than we have the time to keep up with.

hyper-individualistic global capitalism also poses dangers to the experience of dignity as communal identities and entire layers of civil society are dissolved and commoditized to enable an ever-greater flow of international capital and labor. (IIRP President John W. Bailie)

 

Limites

-Que ce soit pas du social washing

Lode Walgrave, écrit que :

« Paradoxalement, la plus grande menace pour la justice restauratrice consiste en l’enthousiasme irréfléchi des hommes politiques, des policiers, des magistrats, des juges et des travailleurs sociaux par rapport à l’intégration de quelques techniques dans les systèmes de justice traditionnelsréhabilitatifs ou punitifs.

Un zeste de médiation, un soupçon de concertation, une pincée de travaux d’intérêt général sont ajoutés au système, sans remettre en question les fondements de son fonctionnement traditionnel. Les pratiques de justice restauratrice sont alors dépouillées de leur philosophie et réduites à de simples outils, elles ne servent que d’ornements à un système qui demeure pour l’essentiel inchangé. »

 Pour des crimes environnementaux au BC, pour un animateur de JR qui a participé au processus, c’est devenu plus un exercice de relations publiques. Dans certains cas, comme celui-ci, il faut ici renforcer les lois environnementales et empêcher les industries de pouvoir causer autant de dégâts sans analyser les conséquences avant.

Pour s’asseoir ensemble et grandir ensemble, il faut que le rapport de force soit égal (métaphore de la petite chaise et de la grande chaise). Dans le cas-là, il l’est pas.

D’où l’importance de ne pas dépolitiser le processus, les enjeux, les conflits.

- que ça se passe bien. Pas re-victimiser les participants et ainsi la communauté.

Ça a l’air facile, on va se parler, mais ya tout un processus, un savoir-faire et un savoir-être important pour que ça marche.

 - Représentation du conflit.

6) Conclusion. 

- Nécessité dans une société post-croissance, locale

 

 

 

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